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Il est trop clair d'ailleurs qu'il n'y a aucun rapport 'entre le satirique et le brillant cavalier qu'est Lisandre : Boileau avait médit des femmes en moraliste morose, sans les connaître; Lisandre en médit en galant blasé qui les connaît trop.
J'imagine que De Visé, qui ne craignait pas le bruit, ayant débuté par deux scandales, .n'eût pas été fâché d'attaquer plus directement Despréaux. Mais Thomas Corneille, plus discret, plus prudent, dut refuser de donner dans les personnalités : au lieu de faire une nouvelle Critique de la Critique *, il se contenta de développer une thèse très générale et assez inoBensive, n'acceptant de son collaborateur que le seul titre : les Dames çengées^ qui était une garantie de succès et une excellente réclame.
Pour nous f^ire une idée complète de la dernière manière de Thomas Corneille, nous aurions besoin d'avoir entre les mains cette comédie de V Usurier y qu'il avait faite avec De Visé quelques années avant les Dames vengées et qui malheureusement n'a pas été imprimée. Deux passages du Mercure galant ' nous en apprennent assez sur cette pièce pour nous donner lieu d'en regretter la perte.
Nous savons quelle importance avait prise à la fin du XVII* siècle <c la question d'argent » et comme toute la haute société était travaillée de ce mal. Faire figure à la cour, soutenir un train de maison digne d'un grand seigneur, avoir chevaux, carrosses, un nombreux domestique, se vêtir de velours, de satin et de dentelles, paraître à chaque fête dans l'éclat d'un nouveau
1. C'est le titre de la première comédie de De Visé, dirigée, on le sait, •contre Molière : Zélinde ou la Véritable Critique de l'École des Femmes 4>u la Critique de la Critique, un acte en prose, 1663.