‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 37 sur 209 · LE « MERCURE GALANT · texte numérisé non relu

LE « MERCURE GALANT

fameux « poète sans fard », ennemi particulier de De Visé. Ce fut lui qui rédigea le réquisitoire général :

Quoi ! depuis si longtemps Corneille et De Visé Fatiguent le public d'un livre méprisé, • Et je n'ai pas encore contre leur sot Mercure Décoché de mes vers quelques traits de censure ! . . Si le nom de Louis, qui pare leur volume, A pu jusques ici mettre un frein à ma plume.

Las de le voir en proie à ce couple ignorant, Je me laisse entraîner et je cède au torrent. Vient-ii de la province un ouvrage insipide.

Dût-il déshonorer les faits de notre Âlcide, Si reçu neuf le suit, il trouve un doux accueil Et tiendra le h^t bout dans le fade recueil....

Corneille et De Visé crurent devoir répondre a cette dernière impvtation en insérant dans quelques numéros de leur gazette une note ainsi conçue : « Avis. — On avertit quMl ne faut donner aucun argent pour faire recevoir les mémoires qu'on souhaite de voir employer dans le Mercure, »

Mais l'acte d'association nous fait voir qu'ils n'étaient pas aussi désintéressés qu'ils voulaient bien le dire et que, s'ils furent sensibles au reproche, c'est parce que le reproche était assez mérité.

Ces attaques d'ailleurs, si vives qu'elles fussent, ne firent pas grand tort à la publication qu'elles prétendaient ruiner. La vogue du Mercure ne cessa pas de f^roitre jusqu'à la fin du siècle, et dans le siècle suivant il devint une véritable institution. Thomas Corneille y travailla régulièrement, au moins jusqu'en 1700, et ce ne fut pas une petite tâche que de satisfaire pendant UB si long temps et avec si peu de ressources la curiosité du public.

On sait qu'il paraissait à la fin de chaque mois un numéro de plus de deux cents pages, qui se vendait

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