‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 75 sur 209 · L£TUS · texte numérisé non relu

L£TUS

D'un amour irrité la fureur est à craindre.

HELVIE

Eh! bien, s'il est besoin, j'ai du sang pour L'éteindre.... Qui peut oser mourir peut braver les tyrans *.

Quand l'empereur vient en personne lui offrir sa main, quand, même en faisant sa déclaration, il laisse échapper des menaces, — « Je ne vous crains point, lui répond-elle. Que m'importe la vie? »

Je sais, pour en sortir, cent chemins différents. Si je vous vois marcher sur les pas des tyrans *.

Sentant qu'il ne peut rien sur ce cœur intrépide, Commode s'en prend à son père. Pertinax mourra, si Helvic refuse de lui céder. Helvie se sacrifie par dévouement filial : elle marche à l'autel, mais au moment où elle va être unie au tyran, elle tire un poignard et essaye de le frapper : on la désarme, on l'entraîne, et, sortant du temple, l'empereur la fait comparaître devant lui. Elle s'avance, non point troublée et balbutiante comme Cinna devant Auguste , mais hautaine et méprisante, sans repentir et sans regret. — « Oui, je suis coupable », dit-elle à Commode,

Non d'avoir voulu perdre un tyran détestable, Non d'avoir attenté sur tes jours odieux.

Mais d'avoir pu manquer un coup si glorieux.

De n'avoir su fournir au courroux qui m'enflamme Dans un cœur tout romain que le bras d'une femme.

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