‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 91 sur 209 · L'univers étonné..., etc. (IV, m · texte numérisé non relu

L'univers étonné..., etc. (IV, m

L'Essex de La Calprenède en disait d'ailleurs autant :

Le mérite et l'éclat des services passés Devant tout l'univers me justifie assez.

LES TRAGEDIES RAGINIENNES. 173

pensera de-lui^ Il répète sans cesse que de son salut dépend celui 'de toute l'Angleterre, et que personne n'osera porter la main sur un héros de sa taille :

L'intérêt de TËtat rend ma grâce certaine,

Et Ton ne sait que trop par ce qu'a fait mon bras

Que qui perd mes pareils ne les retrouve pas ' /

Quand le capitaine des gardes vient lui demander son ëpée, il peut à peine croire à une audace qui lui semble être un sacrilège ou une folie : (( Prenez )>, lui dit-il enJBn,

Vous avez dans vos mains ce que foute la terre A vu plus d'une fois utile à l'Angleterre.

Marchons : quelque douleur que j'en puisse sentir, • Zxi reine veut sa perte , il y faut consentir '....

Cette vanité outrée nous gâte le personnage : il a beau, en d'autres endroits, exprimer en quelques beaux vers son mépris parfait de la mort, son intention bien arrêtée de ne pas acheter la vie par une bassesse ;

Si l'arrêt qui me perd te semble à redouter, . J'aime mieux le souffrir que de le mériter *....- Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud ^.

On ne peut admirer de bien bon cœur un homme qui a toujours l'air de poser pour la galerie, qui perd tout le bénéfice de sa vertu à force de la célébrer, ni ressentir une pitié véritable pour une victime qui sait se consoler de l'injustice d'autrui en se rendant si pleinement justice à lui-même.

1 Non, la postérité ne le croira jamais (IV, i). "

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