‹ Thomas HodgskinChapitre 18 sur 87 · CHAPITRE PREMIER Sq · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Sq

la défense de leurs intérêts particuliers contre Fintérét de la masse des sujets. Hodgskin se livre donc à des recherches sur l'origine des lois, demandant à Place de le renseigner sur certains détails relatifs à l'antiquité biblique :

Est-ce que toutes les nations de l'antiquité dont nous avons connaissance n'étaient pas composées de maîtres et d'esclaves ? et les lois pénales ne peuventelles avoir pris naissance, n'ont-elles pas effectivement pris naissance dans un état social de ce genre ? ne furent-elles pas créées principalement pour faire régner Tordre parmi les esclaves (i) ?

n se fait adresser par Francis Place les «Traités de Législation » de Bentham (2), et réussit à faire passer, dans le Magazine que dirige Constable, un article sur le droit pénal, très modéré de ton, où il rend hommage à Bentham. Mais un second article, qui devait faire suite au premier, est refusé (3). Pour un temps, Hodgskin cesse de s'intéresser à l'étude de ce problème fondamental.

Sur d'autres points, aussi bien, le benthamisme appelle la critique. En matière de droit constitutionnel, les radicaux utilitaires attaquent

(I) Hodgskin à Place, 8 février 1820, Brit, Mus. add. mss. 33.153, f. 1214 verso.

(a) i5 févr. i8ao Brit.Mua. add. mss. 33.i53, f. 126 verso. Cf. ao avril, f. i33.

(3) i5 févp. 1820, Brit. Mus. add. mss. 33.i53, 1. 129.

40 THOMAS HODGSiaN

le régime monarchique et le régime aristocratique, mais c'est pour proposer un parlementarisme démocratique, où se trouvera garantie, par des procédés en quelque sorte mécaniques, l'harmonie des intérêts entre gouvernants et gouvernés. Hodgskin, qui a déjà prémuni les lecteurs de son « Voyage en Allemagne » contre la superstition du régime représentatif, est sceptique sur reflicacité de ce mécanisme législatif. Un instant, il songe à entreprendre une histoire critique de la législation parlementaire en Angleterre (i). Puis James Mill, dans la publication de Napier, publie son fameux « Essai sur le Gouvernement », qui fixe le programme constitutionnel des Benthamites ; et Hodgskin, dans une lettre à Place où il discute James Mill, oppose à Tidée d'un gouvernement démocratique l'idée d'une société sans gouvernement : si l'opinion publique fait toute la force d une constitution, pourquoi l'opinion publique, sans mécanisme constitutionnel, ne pourrait-elle suffire à constituer une société stable? Contre James Mill, il ressuscite la doctrine de Godwin*

Il (Mr. Mill) postale la seule proposition que je serais disposé à contester^ à savoir que l'objet du gouvernement (la protection de la propriété) est atteint quand un grand nombre d'hommes s'unissent

(i) Hodgskin à Place; ao avril 1820. Brit. Mus. add. mss, 33.153, f. i33.

Page 1