‹ Thomas HodgskinChapitre 20 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

des pouvoirs da gouvernement. Ils ne sont, bien entendu, rien de distinct de la richesse et des privilèges que l'opinion du peuple en faveur du gouvernement lui confère ou lui permet de s'approprier. Ou encore, le gouvernement n'a de pouvoir pour protéger la propriété que celui qu'il dérive de l'opinion. Si l'opinion est capable de constituer ^ de restreindre et de douer de pouvoirs définis, avec les variations de l'opinion, chaque gouvernement, je ne saurais dire pourquoi l'opinion ne pourrait, en première instance, protéger la propriété (c'est la fin pour laquelle le gouvernement est institué) sans l'intervention d'une machine aussi encombrante. Mais je n'en dirai pas davantage sur ce sujet. Si l'on accorde que la meilleure manière de protéger la propriété est, pour un grand nombre d'hommes, de déléguer à un petit nombre les pouvoirs administratif, judiciaire et législatif, si l'on suppose que le fait du gouvernement résulte nécessairement du désir qu'ont les hommes de s'approprier les objets de désir, alors l'article est excellent (i).

Mais ce n'est pas seulement la philosophie du droit pénal, ni la philosophie du droit public, c'est la philosophie économique elle-même, qui, chez les Benthamites, ne sîitisfait pas Hodgskin. La littérature du parti radical s'est enrichie, pendant que Hodgskin voyageait en Italie et en Allemagne, du grand ouvrage de Ricardo, qui a défini une seconde fois et enrichi de traits nou-

(i) Hodfiîskin à Place, 17 sept. 1820. Brit. Mus, add. mss. 33.153, f. 169 sqq.

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veaux la doctrine d'Adam Smith ; or, Hodgskin croît devoir condamner les innovations de Ricardo parce qu'il y voit autant d'infractions au grand principe de la philosophie nouvelle, au principe de l'identité naturelle des intérêts. Adam Smith avait affirmé que, dans le monde de l'échange et de la division du travail, les lois naturelles de la production et de la distribution des richesses étaient harmoniques et bienfaisantes : cette harmonie naturelle ne pouvait être dérangée que par des accidents historiques, appropriation du sol ou accumulation du capital. Puis Malthus était venu, qui avait trouvé à la misère une cause indépendante de la volonté humaine dans l'accroissement, naturellement excessif, de la population, dans la désharmonie naturelle qui existe entre le nombre des consommateurs et la quantité des subsistances : la rente foncière, prélevée sur le produit du travailleur par le propriétaire du sol, lui était apparue comme un effet nécessaire de la stérilité relative et de la rareté du sol cultivable. Maintenant, Ricardo se donne pour tâche d'incorporer les théories de Malthus à un système intégral d'économie politique. Dans les lettres qu'il adresse à Place le néo-malthusien , Hodgskin proteste contre le système de Ricardo, et réclame le retour à Adam Smith par l'élimination des éléments malthu-

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