‹ Thomas HodgskinChapitre 23 sur 87 · CHAPITRE PREMIER fy · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER fy

rhomme du fait que c'était là une loi de la nature, plutôt qu'à la loi elle-même?

o,^ M. Malthus admet que, dans la mesure où la population s'est accrue — en Grande-Bretagne par exemple, — la famine, la peste et tous les maux qui, selon lui, diminuent la population, sont devenus moindres. Comparez les souffrances d'un sauvage de la Nouvelle-Hollande avec celles d'un habitant de l'Angleterre. En Turquie, 3i habitants vivent sur un mille carré; en Angleterre, i52. Dans le premier cas, la contagion et la famine font plus de victimes que dans le second. C'est donc l'ignorance, le mauvais gouvernement ou quelque autre cause qui produisent la famine et la mort; ce n'est pas un excès de population;

3"^ On a des raisons de croire que la malpropreté et rinertie sont des causes de maladies, et il est incontestable qu'elles seraient plus grandes qu'elles ne sont, si la faim n'était un stimulant de l'effort;

4* Quand on compare l'Amérique possédée par les Indiens à l'Amérique possédée par les Européens ; quand on compare la condition antérieure avec la condition actuelle des États-Unis, il est évident que ce n'est pas l'étendue superficielle du sol, mais le travail et l'ingéniosité qui produisent les aliments. Un petit nombre d'Indiens misérables mouraient de faim sur un continent immense; un petit nombre d'hommes, auxquels étaient familiers le savoir et les arts de l'Europe, se sont multipliés graduellement jusqu'à devenir une nation puissante et disposent d'une abondance de subsistances. L'ingéniosité et le savoir, bref, quelques qualités morales de l'homme, sont, par conséquent, le principal moyen de multiplication de la nourriture ;

5" Il doit y avoir eu un temps où la surface de l'Europe était dans le même rappopt,quant à retendue, au nombre de ses habitants, que l'Amérique d'aujourd'hui ; mais il n'y a pas de période dans l'histoire de l'Europe où ses habitants aient multiplié aussi vite que les habitants de F Amérique. Il nous faut donc chercher quelque cause autre qu'une insuffisance de territoire, — un mauvais gouvernement, par exemple, source d'ignorance et, d'une façon générale, Tignorance, — pour expliquer le lent accroissement de la population en Europe;

6° C'est un fait que, toutes choses égales d'ailleurs, le savoir et Vinf^éniosité, c'est-à-dire, bien entendu, les moyens de produire les aliments (v. 4), doivent être grands dans la mesure où le nombre des hommes est grand et doivent croître dans la mesure où croît le nombre des hommes. Les arts mécaniques fleurissent dans l'Angleterre, encombrée d'hommes; les beaux-arts fleurissaient dans la Grèce encombrée;

7» Les désirs se multiplient avec le nombre des hommes et avec leur industrie. Comparez le sauvage qui se chauffe au soleil avec un Européen lettré et riche ;

8» L'accroissement de savoir, qui suit un accroissement de population, accompagné d'un accroissement de moralité. — Voyez l'histoire de l'Europe, qui a crû en moralité à mesure que croissait le nombre de ses habitants. St-Barthélemy, — Guerre des Paysans, etc. ;

9» Accroissement de moralité dû à un accroissement de population. La collision abat et apaise les passions. Le poids de la masse donne à ses opinions une force qui domine la volonté de chaque individu ;

10» L'homme civilisé est un être totalement dif-

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