‹ Thomas HodgskinChapitre 31 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

le prix de tout ce qu'il consomme, tandis que leur produit est en voie de se préparer à la consommation. Mr. Ricardo a considérablement embrouillé cette partie de son sujet en supposant que les acheteurs, ou la société qui paie les prix, diffèrent des trois grandes classes, propriétaires fonciers, capitalistes et travailleurs, entre lesquelles il divise le produit du sol. Toutes les considérations politiques et économiques nous obligent cependant à considérer la collectivité tout entière comme composée de ces trois classes, et, quoique Adam Smith ne soit pas resté uniformément fidèle à cette division, cependant tout ce qu'il dit de l'action de la rente et des profits sur la hausse des prix implique évidemment qu'il suppose la société composée de ces trois classes. En t'ait, lui etMr.Ricardo font payer leprwcree/ naturel de toutes choses par le travail, et, par suite, il est évident que tout ce qui diminue la valeur du travail, tout ce qui en rend une plus grande quantité nécessaire pour obtenir une égale quantité d'un objet quelconque en relève le prix. Tout prix se paie en travail. Or, la rente est une partie du produit du travail ; et, bien entendu, si le travailleur désire obtenir pour son usage personnel une quantité du produit égale à la quantité obtenue, qu'il a partagée avec le seigneur, il faut qu'il double, triple, il faut, actuellement, qu'il multiplie bien des fois son travail pour l'obtenir. Donc la rente relève le prix, de tout le montant de la rente. Le profit, étant pareillement une diminution, pour le travailleur, de la valeur de son produit, relève, pour le travailleur, le prix de toutes les choses dans lesquelles il entre. C'est en ce sens qu'Adam Smith dit de la rente et du profit qu'ils relèvent le prix, et, si Ton considère que le produit total est réparti entre

ces deux éléments, plus le salaire, ou encore entre les trois classes ci-dessus mentionnées, jamais vérité ne fut plus évidente. 11 est parfaitement clair que la rente et le profit ne peuvent relever la quantité de travail nécessaire pour obtenir un produit de la nature, mads ils en relèvent le prix, pour le travailleur, de tout leur montant. C'est pourquoi, dans la mesure où la rente et le profit croissent, la rémunération du travail décroît graduellement, ou encore le prix auquel le travailleur doit acheter les produits décroit graduellement. De sorte que, partout où il y a des rentes élevées, et de grands capitaux sur lesquels de grands profits sont payés, le travailleur n'aura jamais plus de la quantité strictement nécessaire à la conservation de son existence. Et j'ai peur, mon bon ami, que nous devions vainement compter sur une amélioration permanente de la condition politique de la société tant que la partie industrieuse de cette société, ceux qui paient tous les prix naturels, ceux qui achètent tout à la nature avec leur peine, sont condamnés à une pauvreté et à une dégradation sans espoir, et tant que le prix de toutes choses est, pour eux, si énorméqient haut qu'ils ne s'en peuvent procurer que la plus infime portion. La rente et le profit n'entrent pas dans le prix si la théorie de Mr. Ricardo sur Torigine de la rente est vraie et si l'on suppose que les acheteurs sont autres que les travailleurs, s'ils sont, par exemple, les capitalistes ou les propriétaires fonciers. Mais ils entrent dans le prix et en constituent la plus grande partie, si l'origine que j'ai assignée à la rente est exacte, et si les acheteurs doivent être considérés comme des travailleurs, et non comme des capilalistes ou des propriétaires fonciers. Je tiens que ces deux manières de considérer les acheteurs,

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