CHAPITRE PREMIER
intelligent entretient aa moins dooze personnes. Le profit naturel du capital ne peut signifier que la valeur qui résulte de l'emploi du capital dans l'œuvre de production. Et, s'il est vrai qu'une valeur plus grande résulte du capital actuellement employé dans l'œuvre de production, ou encore que ce capital restitue une valeur plus grande qu'une quantité égale de capital employée à la môme œuvre il y a trois siècles, c'est donc que le profit naturel du capital a augpmenté, et nous pouvons espérer qu'il continuera à augmenter. Je tiens pour un fait clair que le produit brut s'obtient maintenant dans notre pays à un prix naturel moindre, ou avec une dépense moindre de travail humain, qu'il ne s'obtient en Pologne ou qu'il ne s'obtenait dans notre pays il y a quelques siècles ; sans quoi, où est l'avantage de ce que nous appelons des améliorations ? Mais sa valeur échangeable, augmentée, comme je suis prêt à le prouver, de tout le montant de la rente et des profits, est, cependant, plus grande en Grande- Bretagne qu'en Pologne. Mr.Ricardo me semble avoir confondu, dans toutes ses spéculations, le prix naturel réel et la valeur échangeable. Le premier est exactement mesuré par la quantité de travail nécessaire pour obtenir de la nature un produit; le second, au contraire, c'est la quantité de travail augmentée du montant de la rente et des profits. Le prix naturel réel d'un quarter de blé, c'est tout le travail, aussi bien celui de l'homme qui fabrique la charrue, ou la charrette, ou cultive le sol, que tout autre travail nécessaire à la production. Sa valeur échangeable, cependant, doit être assez grande pour payer les profits de tous les capitalistes et toute la rente sur l'un quelconque des objets employés, d'une
manière on d'une autre, à la production. Si nous regardons le travail comme la mesure du prix naturel, nous voyons du coup dans quelles proportions ringéniosité augmentante et continuellement augmentante de rhumanité a diminué et diminue continuellement — en opposition directe à la théorie de Mr. Ricardo — le prix naturel de tous les objets. Le capital ne peut être considéré comme consistant en autre chose qu'en machines, aliments, etc., et, dans la mesure où le capital employé ou consommé par un homme ingénieux ou industrieux produit plus que le capital consommé ou employé par un ignorant ou un paresseux, le capital de l'habitant ingénieux et industrieux de l'Europe moderne doit lui revenir avec un accroissement plus grand que le capital de barbares ignorants et paresseux. C'est pourquoi les profits naturels du capital croissent constcunment avec l'ingéniosité de notre espèce. Le travail et ringéniosité de l'homme, beaucoup plus que les pouvoirs du sol, sont ce qui produit la nourriture ; or, l'ingéniosité, certainement, et, je suis disposé aussi à le croire, l'industrie, augmentent avec le nombre croissant des hommes. Donc, à moins que Ton ne puisse fixer quelques limites à l'accroissement de nos connaissances et de notre ingéniosité, il est impossible de limiter les profits naturels du capital sur la production de la nourriture.
J'ai conscience que les doctrines de Mr. Ricardo supposent qu'il n'existe pas de restrictions, mais il suppose que les rentes actuellement perçues, si ce n'est dans la mesure où elles sont accrues par nos restrictions à 1 importation du blé, sont les rentes naturelles et justes. Bien entendu, la prohibition augmente les rentes, mais la somme à laquelle elles