‹ Thomas HodgskinChapitre 35 sur 87 · CHAPITRE PREMIER 7I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER 7I

décisive sur la valeur échangeable. Je crois avec vous qu'il pourrait se produire des circonstances où un homme tirerait plus d'une bonne terre qu'un autre d'une mauvaise terre et bénélicierait ainsi d'une rente, mais, quoique un tel état de choses puisse avoir créé une race de propriétaires fonciers, je prétends que ceux qui existent actuellement sont les héritiers d'un pouvoir exercé sur des esclaves et non les simples possesseurs d'un espace de terre plus fertile. En consultant r^mén^ue de Kobertson, J*y vois qu'une portion du produit des mines était réservée au roi : voilà la rente. Toutes les mines d'Europe et tous les métaux précieux furent, à l'origine, revendiqués par les souverains, et nul ne pouvait les exploiter, ni ramasser de l'or, sans les payer. Une rente est donc payée sur tous les métaux précieux. Si vous supposez que l'on découvre quelques mines plus productives ou quelque meilleur procédé d'exploitation d'une mine particulière, alors une seconde rente peut apparaître au bénéiice du propriétaire ou de l'exploitant. Les métaux tirés des mines continueront à payer la rente au roi, mais celui qui possède la mine la plus riche ou qui a découvert la méthode la plus aisée d'obtenir le métal — en supposant toujours la quantité totale seulement égale à la demande — aura aussi une rente, ou bien une somme restera dans sa possession, plus grande que celle qui est en la possession des exploitants des autres mines. Tel est précisément le cas pour les terres à blé et, plus simplement, pour tous les produits. Une rente, acquittée en blé ou en espèces, fut payée par le travailleur au seigneur pour toute la terre qui était susceptible d'être cultivée. Mais les avantages de situation, la fertilité

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de la terre, de nouvelles inventions agricoles ajoutèrent une seconde, une troisième, et même une quatrième rente aux exigences primitives du seigneur. Cette nouvelle rente peut être juste et avoir eu sa source dans la nature même du sol ; mais la première, qui est probablement la plus forte, est injuste et est probablement le résultat de l'esclavage.

C'est ainsi que, malgré rostentation avec laquelle les disciples de Bentham se donnent pour des logiciens exacts , Hodgskin , le premier, découvre Tincohérence réelle de leur doctrine. Tantôt, ils tiennent que l'harmonie des intérêts se réalise par l'opération des lois de la nature ; tantôt, ils voient, dans la réalisation de cette harmonie, la tâche de la loi positive. Dans l'économie politique des utilitaires, Hodgskin retrouve, entre l'optimisme d'Adam Smith et le pessimisme de Ricardo, la même contradiction : l'énergie même avec laquelle il croit, en économie politique, avec Adam Smith, à Texistence de lois naturelles, bienfaisantes et harmoniques, est le mobile qui le détermine à critiquer les prétendues lois naturelles de Ricardo, du moment où il a vu en elles des causes de misère et de désharmonie. Pour l'instant, il fait porter le principal effort de sa critique sur le rôle assigné par Ricardo à la terre dans la production de la richesse, sur 1» place accordée par lui à la rente foncière dans la distribution des

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