‹ Thomas HodgskinChapitre 37 sur 87 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Le Mechanics' Magazine. — Le Mechanics' Institute. — Labour defended against tue GLAiMs OF Capital (1825). — Popular Poli-

TICAL ECONOMY (1827). — ThE NaTURAL AND

Artificial Right OF Property CONTRASTED (i832).

En 1824» le Parlement, par une loi mémorable, accorde aux ouvriers anglais la liberté de coalition. Mais Hodgskin, qui assiste, en qualité de reporter, à tous les débats des Communes, sait ce qu'il faut penser du libéralisme parlementaire, en ces temps de réformes répétées (i) : le Parlement, chaque fois qu'il semble octroyer au peuple anglais une liberté de plus, ne fait que déguiser, sous un cérémonial pompeux, la nécessité où il se trouve de céder à la pression irrésistible de l'opinion publique. Dans la discussion de la loi de 1824» ce sont les disciples de Bentham et de Ricardo qui assument la mission de traduire, sous une forme explicite, les aspirations, les exigences de l'opinion ; mais eux-mêmes sont poussés par une masse ouvrière qui compte sur la nouvelle loi, sur les associations dont elle permettra la formation, pour éliminer les capitalistes et restituer aux travailleurs, pris individuellement ou en corps, la jouissance de ce que leur travail a produit. Hodgskin, dès iSaS, sans se laisser absorber par son métier de journaliste, est au

(i) Nat and art. r. of Prop., p. iio.

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nombre des plus actifs à éclairer, organiser, endoctriner l'agitation ouvrière.

Dès les premiers mois de son séjour à Londres, il s'associe à un nommé Robertson, lui aussi récemment arrivé d'Edimbourg, homme de réputation suspecte, mais intelligent et actif, pour fonder, à l'adresse des méchantes, des ouvriers de la grande industrie, une Revue hebdomadaire de vulgarisation scientifique , la première en son genre : il s'agit de fournir au lecteur, tous les huit jours, « des comptes-rendus de toutes les nouvelles découvertes, inventions et améliorations, avec illustrations ; — des explications de procédés secrets ; des recettes économiques ; des applications pratiques de la minéralogie et de la chimie ; des projets et des indications pour abréger le travail ; des rapports sur l'état des arts industriels en Angleterre et dans les autres pays; des biographies et, quelquefois, des portraits d'ouvriers fameux». C'est le moment où le Parlement se prépare à abroger les règlements d'ancien régime qui, dans l'industrie de la soie, à Spitalfîelds, fixent les salaires des ouvriers. Hodgskin, favorable à l'abrogation, ouvre une enquête à ce sujet dans le second numéro du Mechanies' Magazine. Son secret désir est de prouver aux tisserands mécontents de Spitalfields que leur condition économique, dans cette indus-

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tpîe protégée , est plus mauvaise que dans les industries non protégées; le Magazine invite donc ses amis à le renseigner sur le salaire moyen et la durée moyenne du travail quotidien, dans les diverses villes où ils habitent. Car il est évident que l'ouvrier anglais travaille trop :

la raison pour laquelle il n'y a pas de travail pour la moitié de nos concitoyens, c'est que l'autre moitié travaille le double de ce qu'elle devrait. Les marchés du monde sont encombrés des produits de leur industrie. C'est une maxime chère aux économistes politiques, que les produits créent toujours leur marché ; mais cette maxime se fonde sur l'hypothèse que personne ne produit si ce n'est avec l'intention de vendre ou de jouir : elle ne s'applique donc pas à nos travailleurs, qui sont obligés de produire, mais n'ont pas la permission de jouir. Leur condition est une condition de servitude égyptienne (ï).

Dans un second article, il prémunitles ouvriers qui demandent à la loi de les protéger, contre Tillnsion législative. Dans le cas des soieries de Spitalfîelds, tout ce que les magistrats ont fait, c'est de rendre légal le prix courant du travail, prix singulièrement misérable : 17 shillings par semaine pour ïqou i4 heures de travail quotidien. D'ailleurs,

(i) Méchantes' Magazine, 6 sept. iSaS.

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les législateurs ont toujours appartenu aux classes non laborieuses de la société, et il semble mauvais, en conséquence, pour le pauvre, de recevoir une loi de ce genre lorsqu'elle émane d'eux. Les individus qui appartiennent à ces classes sont déjà trop puissants pour lui, et une loi qui est, et sera toujours, nous en avons la certitude, Vexpression de leur volonté collective, ne fait qu'ajouter à leur pouvoir. Admettons même que l'effet de la loi puisse être d'empêcher la chute des salaires ; s'il n'est pas dans l'intérêt du travailleur de travailler à un taux inférieur, il doit être déjà tombé dans une dégradation bien lamentable pour avoir besoin d'un règlement, qui, sanctionné par des peines que lui inflige son maître, l'empêche de se faire du mal à lui-même (i).

A la fin de l'article , un troisième article est annoncé, qui continuera la discussion du problème. Mais l'article promis ne paraît pas, car une nouvelle entreprise absorbe ractivîté de Robertson et de Hodgskin.

A Glasgow, des ouvriers se sont cotisés, et ont fondé une institution régulière, où ils paient des professeurs de science et de technique industrielle. A Edimbourg, à Liverpool, des œuvres analogues ont été constituées. Ce type d'établissement, qui a prospéré dans le Nord de la Grande- Bretagne, ne serait-il pas possible de l'acclimatera Londres ? Ne saurait-on ajouter, à l'enseignement

(i) Méchantes* Magazine, 4 octobre i8a3.

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