‹ Thomas HodgskinChapitre 38 sur 87 · CHAPITRE DRUXièME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DRUXièME

par le journal , un enseignement oral par le cours ? adjoindre au Mechanics' Magazine un Mechanics' Institute? C'est l'idée nouvelle de Robertson et de Hodgskin. Le ii octobre, dans le Magazine, Hodgskin se charge de l'appel au public. Il faut que les ouvriers anglais fassent, par leurs propres ressources, ce que l'État a déjà fait en France, en Autriche, pour l'instruction technique des ouvriers.

Il en est de l'éducation d'un peuple libre comme de sa propriété : elle ne sera jamais bien adaptée à sa fin, que si on la remet entre ses mains. Lorsque le gouvernement intervient, il vise à rendre le peuple obéissant et docile, plutôt que sage et heureux. Il désire exercer un contrôle sur les pensées, et modeler jusqu'à l'intelligence des sujets ; lui confier le pouvoir de faire l'éducation du peuple, c'est le dernier terme de cette pratique néfaste, si longtemps ruineuse pour la société, qui permet à un seul individu, ou à un petit nombre, de diriger et de contrôler la conduite de plusieurs millions d'hommes. Mieux vaudrait pour les hommes être privés d'éducation — j'entends d'éducation au sens étroit, car la nature enseigne par elle-même bien des vérités importantes — que de recevoir leur éducation de leurs maîtres; l'éducation, ainsi entendue, n'est plus que l'entraînement du bétail que l'on rompt au joug, du chien de chasse que l'on dresse, à force de sévérité, à oublier la violence des impulsions de la nature et, au lieu de dévorer sa proie, à l'apporter au pied du maître.

Il faut que les ouvriers de Londres procèdent comme les ouvriers de Glasgow, et fondent, à leurs frais, l'institution nouvelle, où ils apprendront tout ce qu'il est actuellement indispensable à un ouvrier de connaître « en chimie, en mécanique et dans la science de la production et de la distribution des richesses ».

Le London Mechanics' Institate se fonde; mais, pour assurer le succès de l'entreprise, Hôdgskin va s'adresser à son ami et bienfaiteur Francis Place, l'universel organisateur. Place explique aussitôt à Hodgskin et Robertson l'impossibilité de fonder une institution solide avec de simples cotisations d'ouvriers ; il l'emporte sur leurs résistances, obtient d'eux qu'ils consentent à lancer une souscription, de concert avec tous les notables du parti radical. Mais Hodgskin et Robertson ne renoncent pas sans regret à leur idéal d'une institution purement populaire. Sans doute aussi, ils comprennent que, pouf chaque gros personnage qui vient soutenir l'institution, leur influence personnelle diminue d'autant. Une lutte opiniâtre s'engage entre eux et Francis Place, à partir du moment surtout où le docteur Birkbeck prête à intérêts une grosse somme pour la fondation de l'œuvre : l'entreprise ouvrière va-t-elle devenir, pour un capitaliste, une source de revenus ? Place l'emporte. Il devaitTemporter, lui,rancien ouvrier

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