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CHAPITRE DEUXIÈME

de ces avantages naturels. Ne voyons-nous pas, sur un même soi, sous un même climat, une nation passer du dernier degré de misère au plus haut degré de prospérité, et réciproquement? Que l'on songe à l'histoire de l'Amérique du Nord et des empires d'Asie : sur la même terre, le « pouvoir productif » des individus a subi de prodigieuses variations. D'où il faut conclure

que nous pouvons tout de suite éliminer de nos recherches toutes les circonstances physiques et toutes les choses matérielles qui, sans être inhérentes à l'homme lui-même et sans être créées par le travail, soQt en général censées exercer la plus forte influence sur la prospérité de l'espèce. Le climat et la situation, malgré leur influence apparente, exercent en réalité un si faible degré d'action, et leurs effets particuhers dépendent de causes si peu connues de

nous^ qu'ils sont à présent inappréciables La

terre ne rentre pas plus dans les limites de la science

que la mer ou que l'air La fertilité du sol exerce

sans doute une influence Mais cette influence est

si insignifiante^ comparée aux effets du travail dirigé par le savoir, qu'on peut la néghger (i).

Mais alors, si le travail est la seule cause delà valeur, comment expliquer que la terre ait, en fait, une valeur échangeable (2) ? Hodgskin ne peut élucider ce paradoxe apparent avant d'avoir,

(1) Pop. Pol. Ec, pp. i5, 16, 19.

(2) Pop. Pol. Ec, p. 4.

sur mi second point, débarrassé la théorie de la production naturelle des éléments étrangers qui l'encombrent, et discuté , après le rôle de la terre, le rôle du capital danslaproduction de la richesse. De part et d'autre, l'erreur de l'économie politique vulgaire est la même : elle confond, avec l'ordre social naturel, un état de civilisation qui est artificiel et profondément troublé ; du fait que, dans la société actuelle, le propriétaire foncier tire de sa terre une rente, et le capitaliste de son capital un profit, elle conclut que la rente est le produit naturel de la terre, et le profit le produit naturel du capital.

Détournant les yeux de Thomme lui-même, en vue de justifier l'ordre actuel de la société, fondé sur la propriété ou la possession, et sur l'oppression actuelle du travailleur, qui forme malheureusement une partie de ces possessions, —tous les effets glorieux [qui sont dus au travail] ont été... attribués au capital fixe et circulant; rhabileté et Fart du travailleur sont restés inaperçus, et on l'a avili pendant que l'œuvre de ses mains devenait l'objet d'un culte (i).

Piercy Ravenstone avait déjà voulu dissiper cette illusion, ce « fétichisme », comme dira Marx, et Hodgskin écrit à son tour :

On est presque tenté de croire que le capital est une sorte de mot cabalistique, analogue aux mots

(I) Lab, ef,, p. 19.

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