‹ Thomas HodgskinChapitre 57 sur 87 · CHAPITRE DBUXIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DBUXIÈMB

A mesure que rhumanité se multiplie, Tinfluence morale de la masse sur les individus est augmentée, et chacun, sentant l'impossibilité de résister au grand nombre, se soumet humblement à la voix générale et se sent par suite enclin à respecter le droit de propriété^ qui est reconnu partons (i).

La théorie de Locke rendait difficile de justifier la propriété du sol ; mais il a été démoritré

qu'il n*y a d'autre richesse dans le monde que celle qui est créée par le travail, et continuellement renouvelée par lui. Ce principe, universellement reconnu aujourd'hui, fait apparaître le droit de propriété comme plus absolu et plus défini qu'il n'était dans la conception de Locke, parce que le droit de posséder le sol est seulement en fait le droit de posséder ce que produit le travail, agricole ou autre (2).

On pouvait se demander enfin si la loi continuait à se vérifier dans une société civilisée, où nul individu peut-être n'achève à lui tout seul la fabrication d'un objet. Mais il apparaît qu'elle reste vraie si l'on considère

que les parts respectives de deux personnes occupées à produire un objet, tel que, par exemple, du coton, sont fixées entre elles par voie de contrat ou de marchandage, le tisserand achetant le fil au fileur, comme le fileur achète la matière brute au marchand

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de coton en gros. Si on soulève la question de savoir quelle est la part de deux ou plusieurs ouvriers occupés au même ouvrage, et quels sont respectivement leurs salaires, je répondrai que cela aussi est arrangé par les intéressés eux-mêmes, et n'est maintenant en aucun cas l'objet d'une décision législative (i).

Hodgskin déclare expressément qu'il repousse le communisme de Robert Owen, des Saint- Simoniens, des Moraves ; il le tient pour contraire à l'expérience, condamné par la nature elle-même. S'il critique le droit de propriété tel qu'il est aujourd'hui constitué, ce n'est que pour mieux défendre la propriété naturelle.

L'emploi des choses, comme leur fabrication, doit être individuel et non collectif, égoïste et non général C'est le droit de chaque individu de posséder pour son utilité séparée et égoïste tout ce qu'il peut fabriquer (2).

Vouloir recourir à la loi pour définir la propriété,

c'est intervenir à contre-sens entre notre idée d'individualité et les effets naturels de la conduite humaine qui en sont les récompenses et les peines ordonnées

et appropriées Comme la nature donne au

travail tout ce qu'elle produit, — comme nous étendons l'idée d'individualité personnelle à ce qui est

(1) P. 36, note.

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