CHAPITRE DEUXIÈME ISQ
des lois conçues à cet effet; des prêtres, qui prêchent Tobéissance aux lois, et reçoivent en échange a une part de la législation et du produit annuel du travail »; des capitalistes enfin, qui sont les alliés constants du gouvernement, de rÉglise et des propriétaires fonciers. Les capitalistes, sans doute, constituent une classe plus malaisée à délimiter que les autres, parce que les capitalistes sont très souvent aussi des travailleurs, mais certainement « en tant que tels », ils n'ont a pas de droit naturel à la large part du produit annuel que la loi leur garantit » • Gomment dès lors compter sur le fonctionnaire et le soldai pour réprimer le crime, le vol, dont ils sont, historiquement, les premiers auteurs? Des lois pénales, élaborées pour défendre un droit artificiel de propriété, sont impuissantes à nous le faire respecter.
Elles infligent de la souffrance, mais elles ne produisent pas Tamendement et n'exercent pas d'action salutaire. Ce qui est génércdement bienfaisant, ce que la Nature commande, n'a pas besoin dêtre imposé par la loi ; ce qui est fait pour le bénéfice d'une secte ou d'une classe et n'est pas conforme aux commandements de la nature, voilà ce que les hommes cherchent à maintenir par la terreur et la douleur (i).
l3o THOMAS HODGSKUf
La vraie fin de la loi, c'est a la défense da pouvoir du législateur ». Cela n'est-il pas avoué par cette philosophie étrange, qui demande explicitement le sacrifice des individus, seuls réels, à la société, à l'Etat, à la loi (i) ?
Heureusement, si les lois humaines sont impuissantes pour le bien, elles sont encore impuissantes pour le mal. Si vraiment il existe des « lois de la nature », des « décrets de la nature », pouvons-nous, sans paradoxe, dire que ces décrets peuvent être violés? En réalité, répond Hodgskin,
nous pouvons enfreindre les lois physiques, mais non pas impunément. Dans le monde matériel et dans le monde moral, les commandements de la nature ne nous sont connus que par l'intermédiaire de nos plaisirs et de nos peines. Si noire tête porte contre un poteau, elle nous avertit, par la douleur, que le poteau est plus dur que notre crâne, et nous ordonne de faire usage de nos yeux ... En examinant la question de la propriété, nous verrons aussi que la misère a pour cause, en grande partie, notre opposition au droit naturel de propriété. La Nature nous prémunit contre cette opposition par la douleur, comme elle nous avertit de respecter les lois de la gravitation (a).
Donc, les sociétés prospèrent dans la mesure où elles obéissent aux lois de la nature. Donc, à la