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CHAPITRE TROISIÂME l

confiance à Hodgskin en ses doctrines propres ; Stuart Mill vient, dans son grand ouvrage, de distinguer, un peu comme Hodgskin l'avait fait lui-môme, entre les lois naturelles et les lois humaines, celles, eiï particulier, qui prétendent définir le droit de propriété, dont l'influence s'exerce sur les phénomènes économiques (i).

Stuart Mill a peut-être seulement manqué de sens historique, et son livre aurait, selon Hodgskin, plus de valeur

si ses longues dissertations sur la tenure foncière étaient nettement rapprochées des conditions sociales particulières, qui rendent, en ce qui concerne la propriété foncière, tolérable et justifiable en un temps ce qui est intolérable et monstrueusement injuste et funeste en un autre. L'appropriation originelle du sol, par exemple, il y a un grand nombre de siècles, fut alors un mal supportable ; mais l'influence qu'elle exerce sur la condition présente de l'Irlande n'est évidemment que destructive.

Et il faut regretter également que Stuart Mill, esclave probablement des préjugés législatifs chers à l'école de Bentham, après avoir admis l'existence de lois naturelles de la production, ait tenu la distribution de la richesse pour absolument arbitraire, dépendante du législateur et des coutumes qu'il peut lui arriver d'établir.

(i) 27 mai 1848, pp. 603-604.

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En réalité, tous les hommes peuvent i^ir mal, mais ils ne peuvent éviter les conséquences de leurs actions : d'où il suit qu'il y a un juste et un injuste lorsqu'U s'agit de la distribution de la richesse aussi bien que lorsqu'il s'agit de protéger ou de prendre la vie humaine, et qu'une nation ne peut pas davantage décréter la distribution de la richesse qui lui plaît, ou protéger par la force la distribution qu'elle décrète, qu'elle ne peut négliger de cultiver ses champs ou ravager le territoire d'une autre nation et commettre toutes sortes d'atrocités, sans violer les lois morales.

Si les prétendues lois naturelles de la distribution des richesses, formulées par l'école de Rieardo, doivent être refutées, c'est précisément parce que, tendant à imputer à la nature le mal économique et, par suite, le mal social tout entier, elles nient la véritable loi de la justice naturelle.

Est-ce à dire que, depuis i832, la pensée de Hodgskin n ait pas varié ? En fait, elle a subi d'incontestables variations, mais dont Timportance sera diversement appréciée, selon le point de vue où Ton se place dans Tinterprétation de sa philosophie ; Hodgskin continue (i) d'affirmer que le droit de propriété, « tel qu'il est légalement constitué, n'est pas incapable d'amélioration », et que (( la distribution de la

(i) 26 mai 1849, p. 584.

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