CHAPITRE TROISIÈME
richesse est le problème social du jour, qui réclame une solution », mais il ne veut pas « d'une grande altération de la propriété, à plus forte raison d'un système communiste ou socialiste, pour supprimer la distribution actuelle ». Si Von songe que Hodgskin a été des premiers à fournir aux socialistes anglais une doctrine économique, on trouvera la variation grave ; on la trouvera moins grave si Ton considère que Hodgskin a toujours combattu, pour des raisons de principe, toute intervention du gouvernement et de la loi dans la distribution des richesses, critiquant les revenus du propriétaire foncier et du capitaliste précisément parce qu'il attribuait à ces revenus une origine législative et gouvernementale.
Hodgskin trouve injuste et néfaste dans ses effets la constitution actuelle du droit de propriété foncière. Mais jamais il n'aurait pu, sans violer le principe, individualiste et anarchiste, de sa philosophie sociale, demander au gouver" nement d'intervenir, soit pour rendre collective la propriété du sol, soit pour la réduire, de force, à ses dimensions naturelles. En i85i, paraît la « Statique sociale » de Herbert Spencer, et Hodgskin salue avec enthousiasme (i) un livre
(1)8 février 180 1, pp. ig-ioi.
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qui « se distingue par ses sentiments généreux et la vigueur du raisonnement et fera époque dans la littérature de la morale scientifique ». En fait, lorsqu'on retrouve, contre la théorie benthamique du droit, sur la définition du droit naturel, de très frappantes analogies entre le livre de Spencer et les lettres ouvertes adressées en i832 par Hodgskin à lord Brougham, lorsque d'ailleurs on voit Spencer vivre, plusieurs années de suite, à V Economisi, en contact quotidien avec Hodgskin, lui rendre visite, lui demander des conseils, emprunter des livres à sa bibliothèque, n'est-on pas en droit de croire à la possibilité d'une influence directe exercée par Hodgskin sur Spencer ? Mais Spencer incline vers une sorte de communisme agraire; et, sur ce point, Hodgskin se sépare de lui. C'est confondre le droit de l'individu à l'usage de ses facultés avec le droit à l'usage du sol ; c'est ne pas tenir compte du fait qu'avec le progrès des arts un nombre toujours plus grand d'individus peut travailler et recevoir le produit de son travail sans participer à la propriété du sol ; c'est retirer aux individus le droit de propriété pour le donner à la société, alors que « les sociétés n'ont d'autres droits que l'agrégat des droits des individus » ; c'est oublier que les droits n'existent que par le consentement de l'opinion ; que, par suite, si