‹ Thomas HodgskinChapitre 74 sur 87 · CHAPITRE TROISlàMB l · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISlàMB l

intervienne pour limiter la liberté que pourrait revendiquer le producteur de transmettre sa richesse par donation, héritage et testament. Ou bien, si cela n'est pas admis, il faut admettre la légitimité de cette transmission et, du même coup, de Taccumulation capitaliste. Hodgskin, qui ne veut pas de nouvelles lois contre l'usure, se borne à espérer que

le progrès graduel de la société, par où le capital et le travail semblent de plus en plus se réunir dans les mêmes mains, est peut-être la solution la plus appropriée, la plus juste, la plus aisée,dela difficulté.

n compte sur la multiplication des sociétés par actions, sur l'association des patrons et des ouvriers, et se rapproche singulièrement, par là, des simples radicaux (i). C'est que, depuis 1882, les socialistes anglais sont devenus, ou bien des révolutionnaires qui croient préparer le règne de la justice par une révolution subite et violente et non par une évolution graduelle, ou bien des interventionnistes, réclamant, avec l'appui de certains tories, de nouvelles lois, de nouveaux règlements, pour les protéger contre les patrons. Le public s'est remis à considérer avec faveur

la fausse notion qu'un ou deux grands esprits — un Louis Blanc, un Lamartine, un lord Ashley — peuvent modeler la société, et que la société ne peut

(i) 17 mars 1849, PP» ^^ 4*

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recevoir de secours que de l'action d'esprits comme ceux-là (i).

Et les noms choisis à titres d'exemples (deux révolutionnaires, un socialiste tory) sont caractéristiques : s'il faut choisir entre un libre- échangisme bourgeois et un interventionnisme ouvrier, Hodgskin ne peut s'arrêter au deuxième terme, qui lui paraît contradictoire. Il ne voit pas dans le libre-échangisme une panacée universelle, mais le premier pas dans l'application d'une méthode qui finira par guérir tous les maux sociaux. Il constate en i854 l'accroissement du paupérisme, et il l'explique.

Toutes les causes générales, quelles qu'elles soient, du paupérisme existent encore, et nous ne pouvons compter sur l'extinction même approximative du paupérisme tant qu'elles n'auront pas été écartées. Le libre-échange et les découvertes d'or, la nourriture à bon marché, l'accroissement rapide de travail, ont eu les effets les plus bienfaisants pour la diminution du paupérisme, mais ces influences ne sont plus capables de compenser l'influence néfaste qui cause le paupérisme en tous temps.... L'investigation des causes du paupérisme général dans la société nous conduirait cependant bien loin ; bornons-nous à dire que le libre -échange était fait seulement pour en surmonter temporairement l'influence et qu'il nous faut, pour nous débarrasser

(i) ai octobre 1848, pp. 1190- 1191.

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