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CHAPITRE TROISIÂMB

On s'en prend à la grande industrie, aux grandes villes : lord Grey voit, dans l'augmentation de la criminalité, a la conséquence naturelle d'une densité croissante de population et de richesse ». Mais

que la population croisse en densité, c'est la conséquence naturelle et nécessaire des plus puissants instincts de notre espèce ; qu'elle se soit jusqu'ici accrue, c'est un fait certain ; qu'elle soit destinée à s'accroître par la suite, cela semble aussi certain qu'il est certain que le soleil continuera à se lever ; que tous les hommes s'efforcent de devenir riches, cela est également certain; si, par conséquent, comme lord Grey l'a établi et comme l'opinion publique l'admet, de l'accroissemenl de la population et de la richesse découle un accroissement de la criminalité, il est déraisonnable d'espérer qu'un système quelconque de lois pénales ou de maisons de correction peut arrêter le flot (i).

Après tant de déclamations confuses, la philosophie du droit pénal reste à constituer.

Hodgskin s'essaie à cette tâche ; ou, plus exactement, il vérifie ses préjugés, depuis longtemps fixés en ces matières, par des recherches statistiques approfondies. Dès le début de sa collaboration à V Economiste il s'est chargé des articles de statistique morale sur le nombre des mariages et des naissances, sur le nombre

(i) la janvier i856, pp. 3i-3a.

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des pauvres assistés, sur le nombre des crimes commis et des condamnations prononcées. Il connaît les difiicultés de ces recherches. Les phénomènes sociaux sont complexes et les causes continuent à se prolonger dans leurs effets longtemps après avoir cessé d'exister. On ne doit pas juger du nombre des crimes par le nombre des condamnations : il pourrait arriver qu'une nation très criminelle fût, en raison de son insensibilité morale elle - même, très peu sévère dans la répression du crime (i). Les statistiques officielles sont, en outre, mal faites, et dépourvues de caractère scientifique. Hodgskin croit cependant pouvoir établir,par l'analyse approfondie et prolongée de ces statistiques, que la criminalité a pour cause la mauvaise distribution de la richesse, la misère; que la misère elle-même a pour cause la violation des lois naturelles par la législation humaine ; que l'on ne saurait donc compter sur la législation pénale pour combattre la criminalité, effet indirect de la législation économique et, qui plus est, effet direct de la législation pénale.

La criminalité, dit-on, a augmenté. Mais les statistiques criminelles, mieux faites, mettraient en lumière le fait que tous les délits n'ont pas subi l'augmentation dont on se plaint. Le nombre des crimes contre la personne est resté station-

(i) aa septembre i849> pp* 10Ô8-1061.

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