‹ Thomas HodgskinChapitre 77 sur 87 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

naire, s'il n'a pas efleclivement diminué ; ce sont les crimes contre la propriété qui sont devenus plus fréquents. Encore les statistiques ne peuventelles pas nous fournir de renseignements exacts sur Faugmentalion de ce second ordre de délits : comment dire, sur le nombre des crimes actuellement commis contre la personne, combien sont dus à l'instinct de vengeance, combien à l'esprit de lucre et au désir de s^enrichir? Est-ce donc que la législation pénale a été plus habile à atteindre les crimes contre la personne qu'elle ne l'a été à atteindre les délits contre la propriété ? En aucune façon; mais c'est que, parmi les droits de l'individu, le droit à la vie est plus facile à définir que le droit de propriété. Plus compréhensible, il est plutôt respecté et garanti par Topinion publique, sans contrôle législatif ou gouvernemental. Car le droit de propriété est complexe, il est changeant. C'est un droit social et,

de même que Tindividu ne naît pas adulte, mais est soumis à la croissance et possède, selon son âge, des droits différents et des devoirs différents, de même la société n^est pas créée adulte, mais croil à mesure que la population se multiplie, et, à mesure qu'elle croît, elle modifie les droits sociaux (i).

(I) Our chief crime, 185;, p. 5; cf. i" mars et 8 mars

1850, pp. 223-253.

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Les législateurs, les gonvemants, en prétendant fixer, immobiliser ce qui, en vertu de sa nature, change sans cesse, sont responsables en partie de l'augmentation du nombre des crimes contre la propriété.

D^ailleurs, la statistique nous enseigne que Taccroissement du nombre des crimes contre la propriété n'a pas été, depuis le début du siècle, uniforme et constant. Hodgskin, avec des chiffres à l'appui, fait voir que, de 1802 à i856, les oscillations de la criminalité ont suivi les oscillations de la richesse publique.

11 y a une connexion étroite et intime entre la pauvreté et le crime, entre le défaut de prospérité et la multiplication des délits, entre le défaut de nourriture et le désordre social. . . La misère et le crime s'accompagnent comme la substance et l'ombre, — comme le son et Técho. Étant donnés, chez un peuple, le degré de prospv^rité commerciale et la quantité de bien-être honnêtement obtenu, rexpérience du passé nous permettrait de déterminer, avec une exactitude presque arithmétique, le taux de la criminalité existante à Tépoque (i).

La criminalité a pour cause non pas le désir de la richesse, mais l'impossibilité où ce désir se trouve d'obtenir sa satisfaction légitime par l'effet d'une mauvaise distribution des richesses.

(i) 18 mai 1844, p. 811 ; 12 octobre 1844, pp. lagQ-iSoo.

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