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CHAPITRE PREMIER I

qu'ils sont aussi utiles aux maîtres que le capital des maîtres est utile à eux-mêmes, que chacun des denx termes est nécessaire à la réussite de Tentreprise commune, exigeraient l'égalité des privilèges et des profits : la première loi de cette société consisterait probablement à abolir cette distinction entre maltros et serviteurs qui remplit le plan de Mr.Owen et existe aujourd'hui en raison de ces lois mêmes, dont les effets sont si néfastes (i).

Déjà, en raison de ses opinions sociales sur la distribution artificielle de la richesse, il se sépare du malthusianisme de Place et des autres Benthamites : il reproche à Gray, dans son ouvrage « sur la Population », de confondre deux choses : la quantité d'individus oisifs et la quantité de travail.

Nos dépenses ont été, depuis trente ans, énormes; pendant cette période, le système s'est généralisé, dans le pays , de payer les hommes selon leur travail, et non plus selon le nombre d'heures de travail ; la conséquence en est que beaucoup plus de travail a été fait par le même nombre d'hommes; en conséquence, plus de marchandises ont été produites. Si, pendant cette période, le pays a gagné en richesse, telle en a été la cause immédiate; M. Gray a tort de confondre avec elle la cause éloignée : l'énorme dépense faite pour entretenir des individus oisifs, dépense qui entraîne, dans une certaine mesure, une

(i) Hodgskin à Place, Paris, 20 août 1816 (communiquée par Miss Hodgskin).

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augmentation de travail. La condition des travailleurs a fini par devenir assez misérable pour attirer l'attention du législateur et prouve que les oppressions qui les ont contraints de produire davantage et accroissent ainsi la population, ont ajouté delà sorte à la misère des masses (i).

En septembre, il quitte Paris et gagne Pltalie, faisant la route à pied. Il constate, en passant, la misère du paysan français, après vingt ans de troubles et de guerres ; la misère, plus grande encore, du paysan italien. Il séjourne quelque temps à Florence, pousse jusqu'à Rome, revient au Nord visiter la vallée du Pô et le Tyrol. Mais il s'ennuie en Italie comme en France. Il y trouve trop d'églises, monuments de la superstition méridionale ; trop d' œuvres d'art, auxquelles il avoue ne rien comprendre et dont il finit par avoir « mal au cœur » (2) ; et, d'autre part, trop peu d'hommes qui sachent s'intéresser aux questions vraiment humaines, aux choses de la politique. Toujours à pied, il traverse le Saint-Bernard dans la neige et passe en Suisse.

Il visite la Suisse, descend le Danube jusqu'à Vienne en radeau, traverse la Bohême, parcourt la Saxe et le Brandebourg. Il a décidé mainte-

(i) Hodgskin à Place. Paris, i8i6(non datée. Probablement juillet. Communiquée par Miss Hodgskin).

(a) Hodgskin à Place. Florence, 12 janvier 1817 (communiquée par Miss Hodgskin).

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