‹ Thomas HodgskinChapitre 9 sur 87 · CHAPITRE PREMIER I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER I

tenant, sur le conseil de Place, d'écrire le récit de soji voyage dans TAUemagne du Nord ; et les longues lettres qu'il écrit à Place ne sont plus que des notes détaillées, toutes prêtes pour la rédaction future de son livre. Arrivé à Hanovre, en juillet 1818, il délimite encore l'objet de son travail et, muni d'un questionnaire que Bentham a dicté pour lui à James Mill (i), entreprend une enquête sur le gouvernement, la religion, le commerce, l'agriculture du royaume où il habite. Puis il revient en Angleterre, passant par les bords du Rhin ; son voyage finit mal ; il prend froid, se couche en arrivant à Francfort, se remet à peine quand, ayant descendu le Rhin en bateau, il arrive à Amsterdam. Mais sa doctrine économique vient d'accomplir un nouveau progrès :

il a lu l'article de la « Revue d'Edimbourg » où MacCulloch recommande à Tattention publique les « Principes», nouvellement parus, de Ricardo; et il a tout de suite aperçu quel parti il pouvait, tirer des théories de Ricardo et sur quels points aussi il se séparait de lui. Il approuve Ricardo de voir dans la quantité de travail la source unique de la valeur ; mais, s'il en est ainsi, dit-il.

(i) Le questionnaiie se trouve Brit, Mus, add. mss. 33.153, f. 3 sqq.

QO THOMAS HODG8KIN

je ne vois pas de cause naturelle pour que le capital^ qui consiste purement dans l'épargne du travail et qui, par lui-même, ne produit rien, soit considéré comme affectant le prix réel si celui-ci doit toujours être considéré comme mesuré exactement par la quantité de travail. Le capital [doit être] considéré comme consistant, soit dans une quantité des choses que les hommes désirent, soit dans la disposition de ces choses. L'argent est une de ces choses qui produit un prix artificiel au heu d'un prix réel. Ses profits sont purement et simplement une portion du produit du travail, que le capitahste, sans autre droit que celui que les lois lui confèrent, prend pour luimême. Ce qu'il prête n'est jamais rien de plus que le pouvoir de disposer des denrées nécessaires à la subsistance du travailleur, pendant qu'il produit assez pour remplacer ce qu'il a consommé pendant le temps de la production et pour laisser un surplus au capitahste (i).

Quelques jours plus tard, il se demande pourquoi la Frise est, à son gré, mal cultivée ; et il en trouve deux raisons : les dépenses plus fortes du gouvernement, et, surtout, l'accumulation capitaliste.

Le capital, comme moyen de production, ne peut consister que dans les instruments et objets de première nécessité que le travailleur emploie et consom-

(i) Hodgskin à Place , Amsterdam, â5 septembre 1818 (communiquée par Miss Hodgskin).

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