THOMAS HOD68KIN
fusillades... Le principe de la violence, l'espoir de réaliser un progrès moral par remploi de la force physique, était à la base de toutes les persécutions religieuses, aujourd'hui si justement stigmatisées. Le même principe est encore la base de toute notre législation pénale (i).
Mais, après le triomphe du principe de la tolérance en matière religieuse, il est naturel et nécessaire que la ruine du principe de la violence soit un jour consommée par la disparition de toute espèce de législation pénale.
En détail, Hodgskin démontre la vanité des diverses pénalités imaginées pour prévenir le crime Si la peine de mort a une efficacité, ce n'est pas celle que cherchait le législateur en l'instituant. Reprenant une théorie déjà formulée par lui-même, autrefois, dans son « Voyage en Allemagne », Hodgskin distingue deux éléments dans la loi : d'une part, la déclaration solennelle de ce que la nature interdit, ou est supposée interdire, et, d'autre part, la menace d'une peine infligée par les agents du gouvernement, menace destinée à intimider ceux qui éprouvent une tentation réelle de commettre l'acte interdit. Avertir que telle action déterminée constitue un crime capital, c'est avertir tous les citoyens, tous ceux qui considèrent d'ailleurs leur déca-
(i) 219 décembre i855, p. 14^8; ij novembre i855,p. ia6i.