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CHAPITRE TROISIÈME l'J'J

pitation comme infiniment invraisemblable et lointaine, que l'acte en question est tenu, par la société à laquelle il appartient, pour particulièrçment détestable ; c'est inspirer, à l'égard de cet acte, une aversion exceptionnelle ; c'est détruire, chez quiconque craint la réprobation de ses semblables, la tentation de le commettre. Mais, pour les criminels professionnels, pour ceux qui sont tentés de commettre le crime, qui sont sur le point de le commettre, la crainte de la mort, que le législateur avait précisément le dessein d'inspirer, n'exerce qu'une influence insignifiante : la menace du châtiment n'est qu'un risque ajouté à tant d'autres, un charme de plus dans une vie de dangers et d'aventures. L'action éducative de la peine capitale est réelle, mais ce n'est pas dans la mesure où son action consiste non pas à supprimer le coupable ou à lui faire craindre sa suppression, c'est dans la mesure où elle le frappe d'infamie ou, mieux encore, l'avertit qu'il est frappé d'infamie par ses semblables (i).

Avec la mort toute peine terrestre, tout châtiment prend fin. Il faut permettre au pécheur de vivre pour qu'il souffre et serve de leçon aux autres (2).

La peine de mort n'est-elle pas, d'ailleurs,

II) 2 mai 1867, pp. 475-476.

(a) 17 mai i856, pp. 53i-532; cf. 3i mai 1866, pp. 587-588.

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déjà virtuellement abolie (i)? Les jurys|ne commencent-ils pas à éprouver des scrupules religieux lorsqu'ils se voient obligés par la loi d'en demander l'application ?

Ce n'est pas à nous, ni à aucun homme, de pré> férer ce que notre imagination peut conjecturer de Tavenir aux prescriptions simples de la moralité. Nous devons tous essayer de bien agir, et puis nous fier, pour révénement, à celui des mains de qui dépendent tous les événements de cette vie.... Le jury de Devizer et le public en général chérissent la croyance à l'immortalité, à des peines et des récompenses après la mort, et la trouvent incompatible avec Tinfliction de la peine de mort : tôt ou tard, et, pour une part, en raison de cette incompatibilité, il faudra que Fou y renonce (a).

A défaut de la peine de mort, conservera-t-on ce que le droit anglais appelle les peines secondaires ? la prison ? la déportation ? La prison crée le récidiviste, le criminel professionnel, et le droit pénal moderne n'a pas encore découvert les procédés qui débarrasseront la société du criminel professionnel. C'est d'ailleurs une loi, en économie politique, qu'en subvenant à l'entretien d'une certaine classe d'hommes, on assure la reproduction constante, TofTi^ régulière de la classe d'hommes en question. Tout l'argent que

(i) 29 janvier i853, pp. ii4-ii5.

(2) 18 août 1849, pp. 909-910 ; cf. 26 janvier i856, p. 84.

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