CHAPITRE TROISlàME l
reformatories, et dénonce Tcc humanitarisme faible et morbide, aujourd'hui à la mode », n'est visiblement plus de Hodgskin. Wilson vient de rompre avec lui : sans doute il a trouvé ses articles trop doctrinaux pour une Revue d'informations commerciales et financières, et trop compromettants pour une Revue où les articles ne sont pas signés; ou bien encore, plus simplement, les doctrines de Hodgskin lui ont déplu. Hogdskin se trouve réduit à faire appel directement au public et lance des invitations à deux conférences qu'il organisera, le 20 mai et le 3 juin, à Saint-Martin's Hall, pour exposer sa philosophie, toute négative, du droit pénal.
Au début de sa première conférence (i), Hodgskin introduit dans sa philosophie sociale un élément nouveau, qu'il semble avoir emprunté à Garlyle : ce facteur, c'est l'imitation.
L'homme est né dans la société, comiiie il est né homme. Les lois ne créent pas la société. L'homme est grégaire comme le mouton ; et, comme Tabeille, il travaille en commun pour assurer sa subsistance propre et la subsistance de l'espèce (2).
L'imitation est un facteur dont Vextension est universelle.
li)What ahall we do wiih our criminals ? Don*t create them. A lecture, deUvered at St-Martiii*s Hall, may aotii 1S57.
(a) PP. 13-14.
l84 THOMAS HODG8KIN
Dans cette condition de dépendance réciproque où sont les hommes, la société ne serait qu'une succession de conflits, où le frottement finirait par tout réduire en pièces, si les hommes n'étaient doués des moyens de se mouler l'un Tautre par une action réciproque et silencieuse ; de sorte que tous soient subordonnés à la fin commune, qui est de tendre au bien général (i).
L'imitation est un facteur dont ïintensité va sans cesse croissant.
Dans le progrès de la société, l'éducation, le loisir, des carrières différentes, bornant nécessairement l'attention de chacun à des objets dififérents, tendent à mettre la variété dans les connaissances et la discordance dans les habitudes ; l'influence silencieuse de l'exemple est l'huile qui diminue et détruit le frottement des individus dissemblables et des classes dissemblables. Les procédés de l'un sont imités par un autre. Les jouissances sont continuellement égalisées ... Il y a tendance constante à retourner à l'égalité originelle de l'humanité et à la conserver toujours pendant que tous progressent (a).
L'influence imitative des classes supérieures sur les classes inférieures, voilà le thème que Hodgskin se propose de traiter ; par ce biais, il démontrera que ni la nature ni les classes gouvernées ne sont responsables de l'existence