CHAPITRE DBOXlftMB IO
la population, il n'y aurait ni raison ni moyen d'augmenter la production. Si c'est là une interprétation exacte de la phrase a étendue du marché », nous faisons reculer à rinûiii cette limite à la division du travail. £lle est coextensive an nombre des trayaillenrs qni communiquent les uns avec les antres, et U nous est impossible de prévoir ou d'assigner à ce nombre une limite concevable (i).
Si l'étendue du marché limite la division dtt travail, c'est dans une société où les riches sont les seuls demandeurs eilectifs des produits, où une distribution artificielle de la richesse dimi* nue la puissance d'achat des travailleurs, trop pauvres pour acheter les produits, tandis que les riches sont trop peu nombreux pour les absorber. Ën ce sens le capital, ou plus exactement le capitalisme» limite lindustne.
Écartes le cafràtaliste, l'Intermédiaire oppressif qni dévore le produit du travail et empêche le travailleur
de connaître les lois naturelles d'où dépendent son existence et son bonheur, — éUrainez ces règlements sociaux en vertu desquels ceux qui produisent tout n'ont la permission de posséder que peu de chose, ou rien, —> et il est clair que le eagnial, on le pauçoir if employer du UwaU, et le Uwail eoexiêtant sont une seule et même chose ; que le capital productif et le travail pénétré d'itUelligence sont une seule et même chose ; en conséquence, que le capital et une
U) Pop. PoL Ec, p. 116.
IIO
THOMAS HODGSKW
population laborieuse sont deux termes rigoureusement synonymes (i).
I^a cause de la misère est donc artificielle, non naturelle.
C'est raccunmlation du capital qui, dans l'état actuel de la société, entrave la production et, par conséquent, le progrès de la population, la division du travail, raccrolssement du savoir et delà richesse
nationale (3).
Bref, et pour résumer la théorie de la production chez Hodgskin, ni la terre ni le. capital ne sont des facteurs de la production, l a productivité du travail est eu raison directe du nombre, de Tactivité et de l'intelligence des travailleurs : « toute richesse est produite par du travail ». Or, il semble bien que cette loi naturelle de la production implique une loi naturelle de la distribution des richesses. Tandis que la théorie économique, qui donne un rôle à la terre dans la production de la richesse, engendre Tesprit de conquête et d'usurpation, la loi naturelle de la production, est au contraire, nous dit Hodgskin,
la seule base assurée sur laquelle le législateur puisse fonder un droit de propriété, — en admettant qu'il soit en aucune façon appelé à fonder ce qui
(i) Lab. def.^ p. 33.
(a) Pop. PoL Ee.^ p. ùÊfi
CHAPITRB DBUXIAmB III
existe natnreUement — c'est die qui nous conduit à
UDc iiistrlbutioii juste (i).
Quelle est cette loi naturelle de la distribution? Celle même que liicardo avait formulée :
Des quantités différentes de travail sont naturelle^ ment nécessaires; on rencontre naturellement des degrés différents de difficulté à se procurer toutes les marchandises, et ces différentes quantités de travail,
ces diirérents degrés de dilliculté établissent dans nos esprits une relation naturelle de valeur entre toutes les marcliandises. . relation qui peut varier, mais qui n'en existe pas moins, en tout temps , en tous lieux, indépendamment de toutes les lois humaines (a).
Hodgskin ajoute seulement, meilleur logicien que les disciples de Kicardo :
Le raisonnement serait taux, assurément, si je devais comprendre le travail, le créateur de toute richcbse, comme ils commettent la grave erreur de le faire, sous la rubrique de marchandises (3).
Mais, comme les économistes orthodoxes, et
contre ropiuiou de ceux qui, vers cette époque, en Angleterre, avec Atiwood par exemple, préco-
(1) Pop. Pol. Ec, p. 20.
(2) Pop. Pol. Kc, p. i8(>.
(3) Ci'.Pop. Pol. Ec.^ p. i^i!) -. Le travail, mesure unique de la valeur.... créateur de toute ricliesse, n'est pas une marchandise (cité par Marx, Kap. 1, 3* éd., p. 499 •
fr. p. 2"32).