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CHAPITRE DEUXIÈME

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ce qu'il réclame du travail, nous n'aurons fait qu'un pas vers la solution du problème des salaires légitimes in travail. Les autres parties de mon enquête seront, ]'en ai Pespoir, abordées par un de mes

compagnons de travail (i)....

et William Thompson, en i8q4» dans son Labour rewarded^ qui parait précédé d'une épigraphe empruntée à Hodgskin, essaie de remi)Iir le programme tracé par celui-ci. Dans son « Economie Politique Populaire », Hodgskin avertit encore le lecteur qull ne traitera pas de la sécurité de la propriété.

Elle est un objet à atteindre par des règlements sodaux, quoique la propriété elle-même, ou lè droit d'un homme au libre emploi de son esprit et de ses membres et à l'appropriation de tout ce qu'il crée par son propre travail, soit Tœuvre des lois naturelles, et je n'en dirai pas un mot : car il est nécessaire, avant de discuter les effets de la sécurité de la propriété, d'avoir une définition rigoureuse du droit de propriété et de bien s*accorder sur ce qui le tonde (2),

Hodgskin se trouve ainsi ramené par ses spéculations économiques, simple incident dans l'histoire de sa pensée, au problème fondamental qui, depuis plus de quinze ans, le préoccupe : il reprend ses recherches de philosophie du droit,

(i) l.nb, de/,, p. 5.

(a) Pop, PoL Ec, p. a:W,

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sur l'essence du droit naturel et le rapport dn

droit naturel au droit positif. En 1829, lorsque Broogham, en demandant la réforme de Torganisation judiciaire, se fait au Parlement Tinterprèle de la philosophie de Bentham, Hodgskin lui répond par une série de lettres ouvertes, qui contiennent, avec une critique de la théorie benthamique du droite sa propre théorie du droit naturel. Il ne les fait pas paraître tout de suite ; mais, deux ans plus tard, la « Société pour la diiTusion des connaissances utiles » consacre une de ses brochures de vulgarisation économique à réfuter les « dangereuses » théories du Labour defendedet ànPopularPoliiicalEconomy.

La brochure est de Charles Knight : Hodgskin l'attribue à Brougham, le directeur de la Société, rhomme dont il déteste Tinfluence au Meehanies* Institute. Il écrit une dernière lettre ouverte à lord Brougham, chancelier d'Angleterre, et la publie avec les autres, pour établir, comme dit le titre, « le contraste entre le droit artificiel et le droit naturel de propriété (i) », pour formuler, en face

(i) The naturaL and artlficixil right of properly co/itroBted, ABcnes of letters, addressed witnout permission, to H. Brougham, esq. M. P. F. R. S. (now the lord chancellor) Bv the author of « Labour defended against the claims of Capital »; London, 1832. - Lettre L Introductory. — Letter II. The natural right of property illustrated. — Letter lU. The légal right of property. — Letter IV On the right of property in land — Letter Y. The légal right of property is undergoing snbyersion by the nAi-

GHAPITRB DBUXtàMB 11^

de la doctrine de Bentham et de James Mill, au moment même où, dans la Réforme de iSSq, les radicaux orthodoxes voient iin triomphe de leur propagande, la philosophie originale du droit sur laquelle il fonde son radicalisme hétérodoxe et anarchiste.

Toute théorie sociale repose sur une base philosophique; et la vraie philosophie, selon Hodgskin, c*est ce réalisme dont les penseurs anglais, depuis le xvii'' siècle, entretiennent la tradition.

il me parait que les principes directeurs de la philosophie de lopfl Bacon et de Locke principes

selon lesquels « Thomme est le simple interprèle de la Nature », et « toute notre connaissance du monde extérieur nous vient par l'intermédiaire des sens, » ou encore « est une copie de ce monde»; — U me paraît, dis-je, que ces principes, bien qu'ils aient été négligés par les écrivains qui ont traité de la législation et du progrès de la civilisation, jettent une lumière vive et régulière sur un grand nombre de phénomènes sociaux. Les déductions que nous pouvons tirer de

ces prmcipes prouvent que le législateur n'a pu

créer et établir, ni même modifier, en quelque mesure, un droit de propriété. Gomme le philosophe, il est

ral ri^lit of property. — Lettre VI. The law-maker does net establisQ rights : be only copies usages. — Lettre VU. Real guarantee of the right of property, — Lettre VllL Bvils of the artiflcial nghi uf property. — Postseript To lord Brougham and Vaux, loiNd high chancellor of Bngland.

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au mieux un interprète incorrect de la nature . . . Me conformant strictement anx grands principes enseignés par Bacon et Locke» J'affirmeqne les auteurs des lois n'ont fait que mettre le sceau de leur autorité aux droits établis ou aux injustices pratiquées par l'humanité (i).

Cette idée maîtresse de la philosophie de Bacon et de Locke a déjà été appliqaée par les

économistes à rinterprétation des phénomènes sociaux, et Dugald Stewart, le professeur et Tami de Brougham, avait lui-même, avec beaucoup de précision, donné pour tâche à Thomme d'État de découvrir « quelle forme de société est parfaitement agréable à la nature et à la justice)»» et « quelle est la transformation de Tordre social vers laquelle les affaires humaines tendent spontanément (a)». Ces vérités, dont on a reconnu la fécondité, non seulement en philosophie, mais encore en économie politique, pourquoi faut- il donc qu'elles soient encore méconnues des législateurs parlementaires? Pourquoi faut-il qu'au lieu de reconnaître Texistence d'un droit naturel, indépendant de leurs décrets, ils n'abolissent certaines lois que pour en établir de nouvelles? Pourquoi faut-il que Bentham et ses fidèles, parmi lesquels Brougham lui-même, ftivoriseiit

(1) Xat. et art, r, of Prop., p. io6.

Oigitizeci by

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Fillusion législative, et ne condamnent les lois

existantes que pour leur substituer tout un code nouveau, conforme à leur système ?

Considérons en particnlier le droit de propriété, dont Hogdskin vient de constater 1 importance en économie politique, et qui, selon sa constitution légale, modifie si profondément la distribution des richesses (i). « Les pliilosoph.es de Westminster » (a), ceux qui légifèrent an Parlement et suivent les leçons de Bentham, veulent que le gouvernement crée le droit de propriété. Bentham, dans les « Traités de Législation », James Mill, dans 1' « Essai sur le Gouvernement », se refusent à admettre qull existe des droits naturels; avant l'existence des lois, il pouvait être utile, nous disent-ils, et paraître désirable qu il existât des droits : mais c'est la loi qui conféra plus tard à ces droits l'existence actuelle. Uodgskin condamne catégoriquement cette manière d'entendre l'idée de loi.

Messieurs Bentham et Mill, tous deux avides d'exercer le pouvoir de la léj^islation, le représentent comme une diviait*' hienlaisaale, qui subjugue nos passions et nos inclinations naturellement mauvaises (ils adoptent la doctrine des prêtres, suivant qui les inclinations et les passions des hommes sont naturel-

ra pp. 16-21.

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lement mauvaises), — qui lient Fainbition en échec, veille à Texécation de la justice et encourage la vertu. Délicieuses caractéristiques t dont le seul défaut est d'être contredites par chaque page de Thistoire... Si le principe est vrai dans un cas, il doit l'être universellement ; et, selon ce principe, les parents n*ont pas le droit d'être aimés et respectés par leurs enfants, les nonveau^nés n'ont pas le droit de se nourrir au sein de leurs mères, avant que le législateur, — voyant, calculant à l'avance les bénéfices immenses qu'il y a pour l'espèce humaine à établir

la longue liste des droits et des devoirs les

eût établis par ses décrets. ... A moi , le système semble aussi pernicieux qu'il est absurde. Les doctrines ne s'en accordent que trop bien avec la pratique des législateurs . . . Elles élèvent la législation au-dessus de nos prises et la mettent à Fabri de la censure. L'homme, naturellement dénué de droits, peut être soumis à des expériences, emprisonné, expatrié, ou môme exterminé, comme il plaît au législateur. . . La doctrine du droit divin des rois, ches FUmer, était bienveillante et raisonnable à côté de cette assertion monstrueuse que « tout droit est factice et existe par la volonté seule du légis* lateur o (i).

La philosophie de Locke était bien différente (2). Suivant Locke, l'esprit est le reflet des choses ; la loi, œuvre de Tesprit, peut donc bien eoregistrer l'existence d'un droit naturel : elle

(i) pp. 19, ao, au (a) P. 6i.

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