THOMAS HOD06K1N
qui « se distingue par ses sentiments généreux et la vigueur du raisonnement et fera époque dans la littérature de la morale scientifique ». En fait, lorsqu'on retrouve, contre la théorie benthamique du droit, sur la définition du droit naturel, de très frappantes analogies entre le livre de Spencer et les lettres ouvertes adressées en i83â par Hodgskin à lord Brougham, lorsque d'ailleurs on voit Spencer vivre, plusieurs années de suite, à l'Economiste en contact quotidien avec Hodgskin, lui rendre visite, lui demander des conseiiSy emprunter des livres à sa bibliothèque, n'est-on pas en droit de croire à la possibilité d'une influence directe exercée par Hodgskin sur Spencer? Mais Spencer incline vers une sorte de communisme agraire; et, sur ce point, Hods^skin se sépare de lui. C'est confondre le droit de l'individu à l'usage de ses facultés avec le droit à l'usage du sol ; c'est ne pas tenir compte du fait qu'avec le progrès des arts un nombre toujours plus grand d'individus peut travailler et recevoir le produit de son travail sans participer à la propriété du sol ; c'est retirer aux individus le droit de propriété pour le donner à la société, alors que « les sociétés n'ont d'autres droits que l'agrégat des droits des individus » ; c'est oublier que les droits n'existent que par le consentement de l'opinion; que» par suite, si
CHAPITRB TROISIÈME
ropinion consent à l'appropriation individuelle du sol, c'est qu'elle croit y voir un bien social. Enfin
donner le sol an public et faire payer l'usage de la terre à ceux qui la cultivent, ce serait soustraire
en fait aux eu lli valeurs une partie du produit de leur travail, - car c'est une erreur de supposer que le sol produit quelque chose, — et la conférer à d'autres hommes, ou, ce qui revient au même, au public. Ce serait une violation de la propriété et, pour rindusirie, une terrible entrave. I^a persistance de certains préjujîés inspirés par le landlordisme, peut expliquer l'erreur où l'écrivain tombe sur ce point, il accepte, croyons-nous, sans s'en rendre compte, la notion que la rente actuellement payée pour la jouissance du sol est la représentation et l'équivalent du capital engagé dans le sol par les générations successives et de la conquête injuste dont les possesseurs originels furent auteurs. Mais le sol de l'Angleterre n'a pas cessé d'être tout entier acheté et racheté. Le sol. nous le répétons, pas plus que l'Océan ou l'atmosphère, ne produit rien pour la satisfaction des besoins humain^. En général, il doit être défriché avant de pouvoir être exploité. Ce qu on appelle, habituellement, le produit du sol, c'est le produit du travail appliqué au sol; et prélever le produit du travail individuel appliqué au soi, ou une partie de ce produit, pour en faire présent au public, c'est violer le droit à la propriété du travail ou de ses produits*
Or, vingt ans plus tôt, Hodgskin n'aurait pas taxé de « préjugé » Topinion suivant laquelle la rente exprimerait un ancien droit légal, le droit