‹ Thomas Hodgskin 17871869Chapitre 47 sur 52 · CHAPITRE TROISlàllB · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISlàllB

reformatorieSy et dénonce r«hamanitarisme faible et morbide, aujourd'hui à la mode », u est visiblement plu» de Hodgskin. Wilson vient de rompre avec lui : sans doute il a trouvé ses articles trop doctrinaux pour une Revue d'informations commerciales et financières, et trop compromettants pour une Revue où les articles ne sont pas signés; ou bien encore, plus simplement, les doctrines de Hodgskin lui ont déplu. Hogdskin se trouve réduit à liaire appel directement au public et lance des invitations à deux conférences qu*il organisera, le aomai et le 3 juin, à Saint-Martiu's Hall, pour exposer sa philosophie, toute négative, du droit pénal.

Au début de sa première conférence (i), Hodgskin introduit dans sa philosophie sociale un élément nouveau, qu'il semble avoii* emprunté à Garlyle : ce facteur, c'est Timitation.

L'homme est né dans la société, comme il est né homme. Les lois ne créent pas la société. L'homme est grégaire comme le mouton ; et, comme l'abeille^ il travaille en commun pour assurer sa subsistance

propre et la subsistance de l'espèce (a).

Limitation est un facteur dont V extension est universelle.

{i)What ahaU we do mth our criminals ? Don't create them. À lecture, delivered at St-Martin's Hall, m»y aoth IS5:;.

(a) FP. i3-i4.

THOMAS HODG8K1N

Dans cette condition de dépendance réciproque où sont les hommes, la société ne serait qu'une succession de conflits, où le frottement finirait par tout réduire en pièces, si les hommes n^étaient doués des

moyens de se mouler l'un Tautre par une action réciproque et silencieuse ; de sorte que tous soient subordonnés à la fin commune, qui est de tendre au bien générai (i).

L'imitation est un iketeur dont ïintenaité ya sans

cesse croissant.

Dans le progrès de la société, l'éducation» le loisir, des carrières dilTéri^ntes, bornant nécessairement l'attention de chacun à des objets différents, tendent à mettre la variété dans les connaissances et la discordance dans les habitudes ; Tinfluence silencieuse de l'exemple est l'huile qui diminue et détruit le frottement des individus dissemblables et des classes dissemblables. Les procédés de l'un sont imités par un autre. Les jouissances sont contmùellement égalisées... U y a tendance constante à retourner à TégaUté originelle de l'humanité et à la conserver toujours pendant que tous progressent (a).

L'influence imitative des classes supérieures . sur les classes inférieures, voilà le thème que Hodgskin se propose de traiter ; par ce biais, il démontrera que ni la nature ni les classes gouvernées ne sont responsables de l'existence

GUAPITRB TROlâlÀMB

du crime, que les criminels soDt « le résultat

inévitable d'un système erroné ». Que deçonsnous faire de nos criminels ? demandent les dirigeants ; Hodgskin répond : Ne les créez pas.

Les classes supérieures ont exercé sur les classes inférieures cette influence salutaire de leur inspirer le goût du luxe, d'augmenter leurs besoins et» par suite, en iin de compte, d'améliorer leur condition. Elles ont encore, par leur exemple, discrédite les habitudes violentes et la pratique du meurtre. Mais, d'autre part, elles ont été, de tout temps, les classes gouyemantes ; et, contre les pratiques gouvernementales.cause etprototype du crime, Hodgskin, une fois de plus, dans sa deuxième conférence (i), reprend ses anciennes critiques. Le droit positif est la négation du droit naturel, du droit de propriété en particulier. La loi, voilà le premier crime. Que l'on considère la méthode de rémunération des fonctionnaires.

Dans les bonnes et dans les mauvaises saisons, en temps de prospérité et en temps de crise, ils se sont mis à l'abri des accidents naturels. La nature donne à chacun le produit de son travail ou bien, dans le monde de l'échange, une valeur équivalente à la valeur de ce produit. Mais les

fij Onr chief crime : cause and cure. ~ Second lecture, on what shal) we do our criminais? déllvered at St-Mariin's Uali, june 3, 18Ô7.

TmOMAB HODGBKllf

gouvernants veulent avoir des revenus certains et fixes, quel que soit le produit de Findustrie (i). Ils s'accordent tn conséquence pour prélever ce qu'il leur plait sur le produit annuel, du travail social. Pàreux,

le droit Mcial de propriété, résultat inéçitable de la vie sociale^ inférieur beulement en importance et en sainteté au droit à la vie, et indispensable pour assurer la subsistance de tous» finit par être mis sur le même rang qu'un cérémonial de cour et par 6tre considéré par les Chanceliers de TÉchiqnier comme une chose qu'ils peuvent traiter à leur fantaisie à la façon d'une place de concierge dans un ministère (3).

D'où, par réaction, les utopies communistes, la négation du droit de propriété, Tassimilation de la propriété au vol. Mais ces deux erreurs contraires sont destinées à dispai*aitre Tune et l'autre.

Tous les besoins du peuple, physiques et sfurituels, ne peuvent être satisfàits que par plus* de liberté et moins d'impôts. Les principes annoncés en

1842, et auxquels on s'est depuis lors partiellement conformé dans la pratique avec un succès éclatant, doivent être introduits dans toutes les parties de la société. La concurrence illimitée, que la nature établit, doit être la régie de toutes nos transactions ; et c*est par les oscillations du marché, qui est action

il) P. 20 la) P. ^.

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