CHAPITRE TROISIÂMB
réciproque et libre, que doivent être réglés les traitements des fonctioimalres et le paiement da clergé, aa même titre que le firofit dn boutiquier et le salaire du travailleur. La société ne peat rester unie si
elle reste sous la domination de deux principes hostiles (i).
Peu de monde assiste aux deux conférences ; parmi les assistants, plusieurs manifestent leur scandale. Hodgskin, en imprimant ses conférences, s'excuse du caractère nécessairement imparfait et sommaire qu'elles présentent et, dans un appendice, annonce son intention de les compléter
en faisant voir que toute législation, y compris, naturellement, le gouyemement, est fondée sur de faux postulats. Il est occupé à préparer pour l'impression un ouvrage qui sera intitulé démonstration db l'absurdité DE LA LÉGISLATION. Pendant toute une longue existence, le sujet a occupé sa pensée et sa plume, et il se propose d'expliquer ses vues sous une forme didactique et systématique (a).
Mais Hodgskin ne publiera pas T ouvrage annoncé. Le loisir^ ou l'argent, ou la santé, ou le temps (il a près de soixante-dix ans) lui fera
défaut. En janvier 1869, nous le voyons encore habitant le faubourg d'Islington, à Londres, et
(a) P. note.
TBOlCiiS H0D08KIN
protestant contre la légende qui attribue à Brougham la fondation dn Meehanies' Institute, En 1860, il marie sa plus jeune fille, le seul de ses sept enfants qui n'ait pas encore quitté la maison paternelle. Lui et sa femme abandonnent alors une maison trop vaste, située dans un quartier devenu trop populeux. Us vont s'établir plus loin dans la banlieue, à Hounslow, puis à Feltham. Sans avoir complètement renoncé au journalisme, Hodgskin s^est affranchi de la nécessité d'écrire un article de journal par jour ; aidé à vivre par son fils, il passe quelques paisibles années de vieillesse, dans le repos de la campagne. Il meurt, le ai août 1869, après quelques jours de maladie, à Vkge de quatre-vingt-deux ans. Il semble que ses compatriotes, ses confrères, aient oublié son existence : pas un journal ne publie, à Londres, ' une notice sui^ sa vie et ses œuvres.
CONCLUSION
Ainsi s'achève, dans l'onhli, T histoire de cette carrière manquée. Pourquoi Hodgskin ne fit-il pas de ses facultés de penseur et d^écrivain Tusage qu'il aurait dû faire ? On peut en trouver la raison dans celte timidité, dans ce défaut de confiance en ses propres forces, dont il avait, jeune homme, tant soull'ert. On peut soupçonner aussi que les besognes du journalisme lui interdirent cette concentration de la pensée, nécessaire y)our la rédaction d'un ouvrage d'économie politique, de droit pénal ou de philosophie de l'histoire. Il faut tenir compte encore des circonstances historiques. Dans les années qui suivirent i83'i, il n'y avait pas demande pour an livre d'économie sociale doctrinale, de la part d'une niasse ouvrière insuffisamment éclairée. Les plus instruits parmi les ouvriers, sorte d'aristocratie parmi les travailleurs, s'accommodaient de l'enseignement des disciples orthodoxes de Ricardo. Aussi bien, lorsqu'il fallait en venir à tracer un programme d'action pratique et de réformes, le socialisme libertaire de Hodgskin différait-il beaucoup du libre-échangisine des Ricardiens? Vingt ou vingtcinq ans plus tard, Hodgskin aurait pu, à la