CHAPITRE PREMIBR
elle ne sera pas mieux organisée que lorsque les lois sont faites par on seul» c'est supposer que la sagesse de l'espèce tout entière est inférieure à la sagesse de la pins petite partie de cette espèce (i).
Et la substitution du régime parlementaire au gouvemement d*un seol n'arrangerait pas les choses : Hodgskin a Tisiblement, sur ce point, adopté la doctrine de Godwin. Des assemblées législatives ne garantissent pas des lois sages. Si, moyennant quelques abus supprimés, une nation devait accorder à son Parlement une confiance aveugle, elle se serait, purement et simplement, donné un nouveau raaitre. Ce qui fait Texcellence de la Constitution anglaise , ce n'est pas Texistence d'une Chambre des Communes^ c'est Texistence d'une opinion publique défiante , avertie par une presse libre et perpétuellement occupée au contrôle des actes du Parlement (a). Que cette défiance vienne k disparaître, et la Chambre des Communes, trop peu nombreuse pour ne pas subir l'influence de la Couronne, reproduira les vices du gouvernement d'un seul sous l'apparence trompeuse, et qpi endort l'inquiétude populaire, du gouvemement de tous (3).
(i) TravelSt vol. II, p. 444.
(a) Vol. I, pp. 459 sqq (3) YoL J, pp. 466-466, 468.
THOMAS UODGSKiI«i
Eu iait^ les gouTernements ne sont, en Teriu de leur essence même, ni intéressés à bien gouverner, ui capables de bien gouverner. Que i'aut-il en conclure? De cette faillite de la sagesse humaine, répond Hodgskin,
ii résulte clairement que les limites en deçà desquelles il faut restreindre la puissance du gouvernement et au delà desquelles elle devient pernicieuse sont encore absolument inconnues ; et, si Ton remarque d'ailleurs que la puissance d*une nation est en raison inverse de la puissance et de l'activité du gouvernement, ne sera-t-on pas presque tenté de tenir l'opinion courante, suivant laquelle les gouvernements sont nécessaires et bienfaisants, pour un de ces préjugés universels, héritage des siècles d'ignorance et de barbarie, et dans lesquels une science plus étendue, une civilisation plus développée, révéleront autant d'erreurs funestes ? (i)
Si Ton admet, en effet, avec Adam Smith»
que la société est soumise à ropcratioii de lois naturelles et nécessaires, ou bien les prescriptions de la loi positive seront contraires, ou bien elles seront conformes aux commandements de la nature. Il est évident que, dans le premier cas, elles sont nuisibles ; mais, dans le second cas, il peut sembler qu'elles sont seulement inutiles : en réalité elles sont nuisibles encore. D'une
(X) TraveU, voL I, p. 4i7»