‹ Thomas JeffersonChapitre 101 sur 212 · NAISSANCE · texte numérisé non relu

NAISSANCE

base du compromis que Jefferson se chargea de faire accepter par ses amis de l’opposition. Il réunit chez lui les principaux meneurs du congrès, et ce fut à sa table que se conclut le marché. Le bill de Hamilton passa ', la cité de Washington fut fondée, le démembrement fut évité.

Le triomphe du bill fut pour le secrétaire du trésor un immense succès. Son renom dans le pays, son ascendant sur le congrès, son influence sur l’esprit de Washington en furent considérablement accrus. Dans les chambres comme dans le cabinet, la prépondérance lui appartint. Ce n’était assurément pas pour la lui donner que Jefferson avait accepté l’honneur d'accommoder le différend. Aussi, quand il en vint à découvrir toute la jMjrlée du service qu’il avait rendu au colonel Hamilton, le dépit d’avoir étourdiment contribué à grandir son collègue lui gâta-t-il tout le plaisir d’avoir été utile à son pays : « J’ai été en cette occasion la dupe d’Hamillon, « écrivait-il deux ans plus tard au président ; « de toutes leserreurs de ma vie politique, c’est celle qui m’a occasionné le plus amer regret ’. » Mais au moment de l'adoption du bill, sa jalousie sommeillait encore, et il était tout entier à la joie et à l’espérance : « Voilà les embarras écartés, je ne vois rien maintenant qui puisse engendrer une lutte d’Etats à États... Le congrès s’est séparé après avoir retrouvé l’harmonie qui avait caractérisé scs délibérations jusqu’à ces deux malencontreuses questions de la dette et de la

* IG juillet 1790.

* Jefferson à Washington; Mouticello, 9 septembre 1792. — Work* of Jefferson, t. III, p. 460.

Page 1