‹ Thomas JeffersonChapitre 109 sur 212 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

ton l’horreur que lui inspiraient les nouveaux maîtres de la France ; mais cette légitime aversion ne saurait, je crois, justifier la politique qu’elle lui suggéra, politique à la fois maussade, chimérique et injuste. Un agent diplomatique accrédité par la Convention, M. Genet, allait succéder à M. de Ternant. Tout « en regrettant qu’un tel incident fût venu placer les États-Unis dans la nécessité de reconnaître la nouvelle république1, » le secrétaire du trésor n’alla pas jusqu’à s’opposer à ce que M. Genet fût reçu par le chef de l’État; mais, comme pour marquer les doutes conçus en Amérique sur la légitimité du changement survenu dans les institutions françaises, et comme pour mettre le plus de mauvaise grâce possible dans la réception du « citoyen ministre,» Hamilton voulait la faire précéder d’une déclaration par laquelle le gouvernement américain se serait réservé le droit d'examiner si, en succédant à Louis XVI, le pouvoir qui l’avait remplacé avait hérité du traité conclu en 1778 entre le roi et le congrès1. Au moyen d’un subterfuge condamné par le droit des gens, les États-Unis auraient ainsi échappé à l’obligation de garantir à la France la possession de ses colonies américaines, obligation que la guerre amenée par la Révolution française pouvait sans contredit rendre fort onéreuse, mais qui aurait dû paraître d’autant plus sacrée qu’eUe avait été la seule compensation de nos sacrifices pendant la guerre de l’indépendance. Contester la validité de la clause de garantie avant même que

t Ana. — Works of Jefferson, t. IX. p. 143.

* Hamilton à Washington, avril 1793. — Works of HamtUon, t. IV, p. 362-390.

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