DANS LA NOUVELLE-ANGLETERRE EN 1759. 2S
Ce furent les rigueurs de 1’administralion des douanes qui donnèrent naissanceau parti de l’opposition dans le Massachusetts. Les négociants puritains n’étajcnt pas toujours de très-bons Anglais, et ceux des sujets de Louis XV qui ne menaçaient pas directement leur repos et qui pouvaient faire gagner quelque argent, leur paraissaient fort dignes de leurs services. Tantôt en achetant la connivence, tantôt en éludant la surveillance des gouverneurs, ils se livraient sur une vaste échelle à un commerce illicite avec les colonies françaises, ils approvisionnaient sans scrupule les flottes et les gardisons ennemies, ils introduisaient en fraude dans les ports américains des marchandises étrangères dont l'importation était frappée de droits élevés par les octet de commerce. 1
Malgré sa bienveillance pour ses compatriotes d’outremer, Pitt ne pouvait tolérer de semblables désordres. D’un ton qui n’admettait point la réplique, il donna l’ordre de les faire cesser (1760). Les officiers des douanes devinrent plus sévères, et trouvant leurs moyens d’investigation et de répression insuffisants, ils s’adressèrent à la Cour supérieure du Massachusetts pour obtenir d’elle, sous le nom de Write of Assistance, des mandats généraux de perquisition, en vertu desquels ils prétendaient fouiller indistinctement les propriétés particulières, violer impunément le domicile des citoyens et contraindre le premier venu à leur prêter main-forte. La légalité de mandats qui mettaient
1 On désignai! sous ce nom les règlements de douane destinés à protéger les produits anglais contre la concurrence étrangère.