‹ Thomas JeffersonChapitre 111 sur 212 · COMPLAISANCE UE JEFFERSON · texte numérisé non relu

COMPLAISANCE UE JEFFERSON

émurent profondément le secrétaire d’État, qui, dans sa passion pour M. Genet, écrivait sérieusement à Madison : « On ne peut rien imaginer de plus affectueux et

de plus magnanime quê sa mission Il offre tout, il

ne demande rien, et pourtant scs offres seront rejetées.' Mon cher monsieur, vous ne pouvez vous faire une idée de ce qui se passe dans notre conclave : il est évident que, parmi les membres du cabinet, il en est au moins un ou deux qui, sous prétexte d’éviter la guerre avec une des parties, n’auraient pas grande répugnance à se jeter sur l’autre et à entrer dans la confédération des princes contre la liberté humaine *. » Puis il racontait comment, par prudence, et pour mieux assurer le rejet de la politique proposée par Hamillon, il avait adhéré dans le conseil à la proclamation du 22 avril.

11 flétrissait « le langage pusillanime du rédacteur de cette pièce, la crainte qu’on avait eiie d’y insérer la .moindre expression de sympathie pour la France. » Il se refusait à la regarder comme une véritable déclaration de neutralité pouvant engager la politique du pays :

« Le pou voir exécutif n’avait pas le droit de déclarer la guerre, il n’avait donc pas celui de déclarer qu’il n’y aurait pas de guerre *. » -

Les chefs de l’opposition n’étaient pas les seuls à recevoir ces irritantes confidences. A en croire le ministre de France, cet agent avait partagé avec eux les dangereuses faveurs du secrétaire d'État, et il avait ainsi « été initié dans des mystères qui avaient enflammé sa haine

1 Jefferson à Madison, 19 mai 1793. — Works of Jefferson, i. III, p. 563.

• * Works of Jefferson, t. 111, p. 563, 59L ; t. IV, p. 17, 29.

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POIR I,E CITOYEN GENET.

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