‹ Thomas JeffersonChapitre 120 sur 212 · JOHN ADAMS ET JEFFERSON · texte numérisé non relu

JOHN ADAMS ET JEFFERSON

résigna de fort bonne grâce à n’ètre (pie le second [»ersonnage de l’État Les temps étaient difficiles : an dehors, le Directoire avait rompu tous rapports diplomatiques avec le gouvernement des Etats-Unis, la paix était menacée, et l’on entendait déjà gronder le canon des corsaires français; au dedans, tous les cœurs s’ébranlaient à ces bruits de guerre. Les républicains prenaient les couleurs de la France, les fédéralistes ressuscitaient celle de l’ancienne armée continentale; l’on se battait dans les rues, la cocarde tricolore ou la cocarde noire au chapeau : « Ce n'était pas le moment de convoiter le . gouvernail Aussi le vice-président était-il bien résolu à n’accepter aucune part de responsabilité dans la direction des allai rcs et à rester complètement étranger à la politique active *. Ses fonctions le lui permettaient : elles ne lui imposaient d’autre devoir que celui de présider le sénat; sauf en cas de partage, il n’avait même pas à voter. Rien ne s’opposait donc à ce qu’il fît de son fauteuil un poste d'observation. Placé au milieu de l'arène sans avoir à y descendre, il pouvait prétendre à vivre en bons termes avec tout le monde, et à profiter de ses rapports obligés avec les deux partis pour agir tour à tour sur le gouvernement et sur l’opposition.

Dès que la lutte électorale fut terminée il y eut entre John Adams et lui échange de coquetteries. Le président se flattait d’employer Jefferson à aplanir les difficultés extérieures et à tenir en échec la fraction du parti

> Jefferson à Edward Rutledge» 27 décembre 1796. — Works of Jefferson , t. IV, p. 152.

* Jefferson à Madison, 22 janvier 1797. — Works of Jefferson, i. IV, p. 161.

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