CONTRE HAMILTON
arrachée i» un noble cœur |>ar l’implacable et basse malice d’un adversaire politique: «L’aveu d’une telle faute n’est point fait sans en rougir. Je ne me ferai jamais l’apologiste d’un vice, quel qu’il soit, parce que l'ardeur de la passion aura pu m’y entraîner: je ne cesserai jamais de me reprocher le coup que je vais porter à un cœur digne de ma reconnaissance, de ma lidélité et de mon amour ; mais ce cœur approuvera que, même à un tel prix, j’efface une tache plus déshonorante imprimée sur un nom qu’il chérit avec autant d’élévation que de tendresse. Le public aussi me pardonnera, je l’espère, une pareille confession. Elle est nécessaire pour me défendre contre une plus odieuse accusation, sans quoi je n’aurais pu me résigner à une aussi pénible inconvenance *. »
Dans les luttes entre les partis comme dans les luttes entre les nations, il y a des lois de la guerre dont on ne s’affranchit jamais impunément; il y a des armes défendues dont on ne peut se servir sans les mettre aux mains de ses adversaires. Les républicains eurentbientôt à se repentir d’avoir fait tomber la vie privée dans le domaine public. Par un juste hasard, ce fut précisément Callender, leur principal instrument de diffamation, qui se fit le vengeur des fédéralistes. Jefferson ne s’en était |>oint servi sans quelque inquiétude et sans quelque répugnance. 11 savait combien de tels auxiliaires sont compromettants, mais il ne pouvait s’empêcher de jouir au fond du cœur de certains excès de
* Alexander Ilamilton.— On certain documents in the History of the United States for 179G ( Callender’s ), in which he is charged teith spéculation. — 1797.