‹ Thomas JeffersonChapitre 128 sur 212 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

1801-18ÜÔ.

Première présidence de Jefferson. — Il se propose d’étre trèsconciliant. — Destitutions en masse.— Impuissance de l’opposition. — Suppression des taxes intérieures ; réduction de l’armée et de la flotte. — Acquisition de la Louisiane.* — Progrès du radicalisme aux États-Unis. — Haine de Jefferson pour le clergé et la magistrature. — Procès de M. Chase. — Divers procès de presse. — Hamilton est tué en duel par le colonel Burr. — Jefferson est réélu a une immense majorité. — Une marine sans marins renfermée dans des ports sans eau.

« Je me porte bien,» disait Washington dans ses vieux jours, «parce que je dors bien, et je dors bien parce que je n’ai jamais écrit une ligne sans me figurer que je la voyais imprimée.» Jefferson ne poussait pas la circonspection aussi loin. 11 craignait beaucoup le public, mais il se promettait trop facilement de se soustraire à son regard. Tant qu’il se sentait sous la surveillance de l’opinion, il écrivait et il causait avec infiniment de raison, d’habileté, de convenance et de mesure; mais lorsqu’il se croyait bien caché, lorsqu’il avait instamment recommandé le secret à ses correspondants, il se livrait à son imagination et à sa passion avec une singulière indiscrétion de langage; il jetait hardiment sur le papier tout ce qui lui venait à la pensée, sans grand respect pour l’esprit de ses lecteurs et sans grand souci de la portée de ses paroles : ses amis se les racontaient à l'oreille, ses adversaires finissaient par entrer dans la

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