S DISCOURS DE PATRICK HENRY
américaines »C’élait par cette déc laration de principes que se terminait la proposition de Patrick Henry. De nombreuses interruptions accueillirent ses paroles ; un débat violent s’engagea. D’un couloir de la chambre, Jefferson assistait, curieux et inquiet, à cette lutte parlementaire, où les conseils des sages et des puissants vinrent se heurter contre la fougue révolutionnaire d’un jeune orateur sans position dans le monde, sans expérience, presque sans culture. Patrick Henry était de , ceux que la contradiction excite et que le tumulte enhardit. 11 se remit bientôt de son trouble, s’anima peu à peu en s’entendant parler, s’abandonna à sa brillante imagination, et se redressant avec majesté, se dépouillant, pour ainsi dire, de sa laideur, et promenant sur rassemblée un regard ardent et pénétrant, il l'entraîna à sa suite dans tous les détours d’une argumentation à la fois désordonnée et puissante, qui se résumait par de frappantes images ou de brusques explosions de colère et d’invective. « Il me semblait, » dit Jefferson, « entendre parler connue Homère avait écrit. Jamais en ma présence homme n’a parlé comme cet homme \ » Il avait senti son cœur tressaillir d’enthousiasme en voyant son ami se lancer d’un bond jusqu’aux limites de l’insurrection, puis, averti par les clameurs de l’assemblée, s’y maintenir avec fermeté sans les franchir: « Tarquin et César onteu chacun leur Brutus, Charles I" a eu son Cromwell, et George 111... — Trahison!» s’écria l’orateur de la chambre. — «Trahison, tra-
1 Sparkss American Biography, t. XI, p. 2ti7.
i Autobiogmphy. — Works of Jefferson, t. I, p. 4.