‹ Thomas JeffersonChapitre 130 sur 212 · CONTRE JEFFERSON. Î · texte numérisé non relu

CONTRE JEFFERSON. Î

même nombre de voix, la chambre des représentants se trouvait appelée à choisir le président entre les deux élus. Le sentiment publie désignait impérieusement Jeflersnn ; mais les fédéralistes, qui disposaient dans la chambre du vole de la moitié des États, étaient décidés à l’écarter. Depuis plusieurs jours, ils tenaient l’élection en suspens par leur obstination à voter pour le colonel Burr, se proposant, disait-on, de déférer le pouvoir à un président temporaire du sénat dans le cas où ils parviendraient à empêcher une élection régulière. Jefferson se rendit chez le président John Adams pour le supplier d’opposer son veto à un acte d’usurpation qui pouvait conduire à la guerre civile. John Adams l'accueillit fort mal : — « Monsieur, » lui dit-il avec véhémence, » votre sort est entre vos mains. Vous n’avez qu’un mot à dire : promettez de faire justice aux créanciers de l’État, de maintenir la marine, de ne pas déplacer les fonctionnaires , et le pouvoir vous sera remis aussitôt. Nous savons que c'est le désir du peuple. — Monsieur Adams, » répondit Jefferson, « je ne sais ce qui, dans ma conduite publique ou privée, a pu autoriser un doute sur mon respect pour les engagements publics. Quoi qu’il en soit, je suis bien décidé à ne pas entrer aux affaires par voie de capitulation. Je veux arriver au pouvoir libre, absolument libre de ne suivre que l’inspiration de ma raison. — S’il en est ainsi, monsieur, il faut que les choses suivent leur cours '. » Et ils se séparèrent avec aigreur, Jefferson irrité de ce que le président n’avait pas voulu le comprendre à demi-mot,

* Jefferson au Dr Henjamin. Rush ; Monticello, le 16 janvier 1811. — Works of Jefferson, t. V, p 561.

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