‹ Thomas JeffersonChapitre 141 sur 212 · HAINE DE JEFFERSON POUR · texte numérisé non relu

HAINE DE JEFFERSON POUR

aisément les politiques imprévoyants à en nier l’utilité et à ne les envisager que comme des entraves. En sa double qualité de démocrate et de gouvernant, le président devait donc être peu favorable à leur maintien. Supprimer tout moyen de résistance à la volonté des masses, n’était-ce pas en même temps supprimer tout moyen de résistance à l’action du gouvernement qui s'était mis au service de cette volonté?

Jefferson avait d’ailleurs raison de regarder les fonctionnaires inamovibles, fédéraux ou locaux, juges ou prêtres, comme les ennemis naturels de l’administration dont il était le chef. Formée sous ses prédécesseurs, la magistrature était généralement restée fidèle aux principes fédéralistes, et elle tenait à honneur de se distinguer des autres corps publics par ses goûts conservateurs, son humeur peu flexible et ses allures altières. Élevé dans les traditions puritaines, habitué à contrôler l’esprit public avec une austère indépendance, le clergé des Églises établies de la Nouvelle-Angleterre se sentait et se montrait en général peu indulgent pour le libertinage politique et philosophique du parti républicain. 11 avait contre Jefferson en particulier les plus sérieux griefs; il lui reprochait ouvertement son impiété notoire, son hostilité contre les fondations et les taxes ecclésiastiques, le succès de ses efforts pour les faire abolir dans les Étals du Sud. Les- discours prononcés par les juges en présidant les assises et les sermons des pasteurs venaient parfois troubler fort désagréablement le concert d’adulations dont le président était l'objet. Se voir placé par certains prédicateurs au-dessous des plus méchants rois d’Israël, aprosavoirété élevé par certains

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