‹ Thomas JeffersonChapitre 149 sur 212 · SOI · texte numérisé non relu

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lui que d’incessants labeurs et des pertes journalières d’amis. ».

Parmi les questions qui divisaient ses amis, les plus importantes de toutes étaient les questions de politique étrangère. La sympathie pour la France et la haine de la (irande -Bretagne avaient été pendant longtemps l’un des points de ralliement du parti républicain; mais les affronts reçus du Directoire, les projets d’occupation de la Louisiane mis en avant parle premier consul, ses essais de despotisme illimité et de monarchie universelle avaient fait tomber l’enthousiasme de l’Amérique pour la cause de la révolution française, et bon nombre de démocrates en étaient même venus à regarder l’Angleterre comme le boulevard de la liberté, opinion que le gros du parti repoussait comme peu orthodoxe, mais qu’à certaines heures Jefferson semblait bien près d’adopter. An fend, il était très-partagé entre les répugnances que lui inspirait V Attila moderne et la rancune qu’il conservait contre le pays de ses pères, et ces deux sentiments le dominaient alternativement, selon que le besoin de se mettre en sympathie avec ses divers amis ou les événements du jour venaient agir sur son esprit. Ses impressions, quelles qu’elles fussent, étaient toujours très-vives, et elles pouvaient le porter tantôt à exagérer, tantôt à oublier sa politique raisonnée et habituelle. Il lui fallait un modérateur, et Madison était fort propre a cet emploi, qu’il exerçait d’ailleurs depuis longtemps auprès de son illustre ami. Doux, aimable, judicieux, méthodique, le secrétaire d’Élal n’était rien moins que sujet à l’emportement. Fédéraliste par instinct, il avait par calcul lié sa fortune à celle des démocrates, et il ne

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