I2 DÉBUTS ORATOIRES DK JEFFERSON
ran. « Mes résolutions, nous dit Jefferson , furent adoptées par la chambre, et Pendleton, Nicholas, moi et <|uelques autres, nous fûmes nommés membres d’un comité chargé de préparer l’adresse. Le comité me pria de la rédiger; mais lorsque je lui présentai mon projet, on trouva qu’il suivait de trop près le texte des résolutions, et que les divers points n’étaient pas suffisamment amplifiés. M. Nicholas surtout le combattit, etful changé par le comité d’en faire un plus développé. Les amplifications ne manquèrent point au sien, qui fut adopté. Étant à la fois un très-jeune homme et un très-jeune 'membre, celte scène fit sur moi une impression proportionnée à la sensibilité de cet âge '. »
Jefferson ne se découragea point cependant, et fit un peu plus tard, dans la même session, un nouvel essai de ses forces. Ce fut au service d’une noble cause à laquelle il ne voulut jamais renoncer, mais pour laquelle il aurait peut-être déployé dans la suite un plus grand zèle si, à son entrée dans la vie, il n’avait failli apprendre à ses dépens combien il était compromettant de la défendre : « J’avais attiré, dit-il, l’attention du colonel Bland sur la malheureuse condition des esclaves nègres. C’était l’un des membres les plus anciens, les plus respectables et les plus capables; il chercha avec infiniment de mesure à faire étendre la protection des lois à ces pauvres gens. Je secondai sa motion, çt, eu ma qualité de jeune membre, je fus un peu plus épargné dans le débat ; mais il fut dénoncé comme un ennemi
1 Jefferson à William Wirt, ;5 août 1815. — Works of Jefferion , t. VI, p. 486.