‹ Thomas JeffersonChapitre 153 sur 212 · PAR UN VAISSEAU BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

PAR UN VAISSEAU BRITANNIQUE

grand désordre régnaient à lwrd. L’équipage était novice, les ponts encombrés, les pièces en mauvais étal, les munitions insuffisantes. Bien n’était prêt pour un combat, lorsque, à sept ou huit milles de la côte, la frégate américaine fut rencontrée par le vaisseau britannique le Léopard. Le commandant anglais, le capitaine Humphries, fit savoir au commodore Barton qu’il avait reçu de l’amiral Berkeley l’ordrede visiter la Chesapeake pour rechercher les déserteurs enrôlés à bord de ce navire. Rien n’était plus contraire aux usages des nations civilisées que cette singulière prétention. Les légistes anglais eux-mêmes n’avaient jamais songé à établir que la couronne d’Angleterre eût juridiction sur les vaisseaux de guerre étrangers. Le commodore Bar ron refusa nettement d’obtempérer à la demande du capitaine Humphries. Celui-ci insista, et appuyant ses signaux, d’abord d’un coup de canon, puis d’un second, enfin d’une bordée, il tua aux Américains trois hommes, en blessa dix-huit, et ravagea le gréement de la frégate. Ilarron lui-même fut atteint. Les officiers américains firent de vains efforts pour répondre au feu des Anglais ; ils réussirent à faire charger les canons, mais ils ne pureni les tirer. Manquant de mèches, ils ne parvinrent enfin à mettre le feu à une pièce qu’au moyen d’un charbon embrasé. Après ce simulacre de défense, Barron, la mort dans l’âme, amena son pavillon. Plusieurs officiers anglais montèrent à son liord, passèrent l’équipage en revue, et s'emparèrent des matelots accusés de désertion. Barron fit savoir au commandant du IJopard qu’il se regardait comme son prisonnier; celui-ci répondit qu’ayant rempli ses instructions, il n’avait

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