PROCLAMATION' DU 2 JUILLET
plus rien à réclamer du commodore, et les officiers anglais se relirèrent avec une impertinente courtoisie, laissant la Chesapeake libre de poursuivre sa roule. Peu d'heures après, elle rentrait dans le port de Norfolk, et l'équipage, honteux et indigné, communiquait sa colère au pays.
Lorsqu'une telle insulte a été faite au pavillon d’un grand Etat et qu’elle n’a pu être vengée sur l’heure, de petites et tardives représailles sont aussi peu dignes que peu prudentes, et à moins d’être résolu à se faire justice par les armes, le gouvernement outragé doit savoir exiger et attendre avec calme les réparations qui lui sont dues. La résolution et le calme manquèrent également à Jefferson, après le désagréable accident qu’il n’avait pas su prévenir. Au fond, et sa correspondance en fait foi, il hésitait entre la paix et la guerre, ne sachant que désirer pour son pays et pour lui-même, et voulant laisser au congrès toute la responsabilité du choix ; mais il tenait eu même temps a se donner les apparences de la vigueur. Par une proclamation en date du 2 juillet 1807, et pour que l’attentat dopt la Cltesapeake avait été l'objet n’eût pas l’air de rester un instant impuni, il intima donc aux navires de guerre britanniques l’ordre de sortir des eaux américaines, ordre aussi compromettant que ridicule, aussi empreint de malveillance que d’impuissance, dont l’escadre anglaise ne tint aucun compte, que le président ne fut pas en mesure de faire exécuter, qui inspira à la fois au gouvernement anglais de l’humeur et du mépris, et dont le ministre des affaires étrangères à Londres, M. Lanning, se prévalut pour chicaner sur les réparations auxquelles le gouver-