LK BLOCUS CONTINENTAL
nement américain pouvait avoir droit, après s’être fait justice à lui-même '.
Ias États-Unis n’étaient guère plus respectés à Paris qu'à Londres. Plus leurs rapports avec l’Angleterre devenaient mauvais et leur alliance avec la grande rivale île la France impossible, moins l’empereur Napoléon se croyait obligé de les ménager. Leurs ouvertures au sujet de l'acquisition de la Floride à prix d’argent avaient été écartées avec dédain; leurs efforts pour assurer au commerce américain le bénéfice des stipulations du traité du 13 septembre 1800 allaient devenir inutiles. Chassé de l'Océan par l’Angleterre, Napoléon s’était promis de la chasser du continent. Ne pouvant la réduire de vive force, il avait conçu le projet de la faire tomber d’inanition en fermant à son commerce et à son industrie tous les marchés de l’Europe ; gigantesque chimère que la réalisation de la monarchie universelle elle-même n'aurait pu rendre réalisable, mais qui devait conduire à tenter cette autre chimère, et qui se trouve en effet à la source des actes les plus insensés, les plus iniques et les plus désastreux de la politique impériale, — la guerre d'Espagne, l’incorporation des États de l’Eglise et de la Hollande à l’empire, la guerre de Russie. Ce fut d’ailleurs à la Grande- Bretagne elle-même que Napoléon emprunta l’idée du système continental. La Grande-Bretagne avait la première fait un monstrueux abus du droit de blocus en s’arrogeant le privilège d’interdire au monde, par de simples ordres du conseil, toute communication avec
* ll’orfe of Jefferson, t. VI, ]>. 53, 63.