LE BLOCUS CONTINENTAL
des contrées entières qu’elle ne pouvait bloquer effectivement. Napoléon s’autorisa de cet exemple pour déclarer, par le décret de Berlin *, qu’il mettait les lies Britanniques, en état de blocus, et qu’en conséquence tout commerce et toute correspondance avec l’Angleterre étaient interdits , que tout bâtiment venant d’Angleterre serait exclu des ports français ou soumis à la France, que tout navire ayant éludé celte règle au moyen d’une fausse déclaration serait reconnu de bonne prise, et que toute marchandise provenant des manufactures anglaises serait confisquée. Le gouvernement américain affecta d’abord de regarder le décret de Berlin comme un acte légitime de législation intérieure ne portant aucune atteinte à la liberté des mers, comme un simple règlement prohibitif ayant pour but d’interdire aux produits anglais et aux navires venant d'Angleterre l’entrée des ports de l’empire, non d’autoriser les croiseurs français à saisir en pleine mer, et contrairement aux stipulations du traité du 13 seplembre 1800, les bâtiments américains chargés de produits anglais, ou venant d’Angleterre. Tant que Napoléon fut occupé par la campagne de Pologne, le langage et la conduite du gouvernement impérial parurent donner raison à cette interprétation du décret de Berlin ; mais dès qu’il eut obtenu à Tilsitl l'adhésion de la Russie au système continental, il résolut de l’imposer sans exception à toutes les puissances neutres. Le 18 septembre 1807, le procureur général nu conseil des prises fut donc officiellement informé par le grand-juge
1 décembre 1800.