DIFFICULTÉ DF, FAIRE RESPECTER
suspendra toute cause de querelle jusqu’au jour où une nouvelle guerre éclatera. Ce jour-là, notre dette sera payée, notre revenu dégagé, notre force augmentée Deux mois plus tard, le répit que l’embargo avait pour seul mérite de donner au gouvernement américain ne paraissait même pas à Jefferson devoir être bien long, tant cet expédient devenait à charge à la nation! « Lorsque le congrès se réunira au mois de décembre, » disait alors le président, « il aura à examiner à quel moment la durée de l’embargo devra être regardée comme un plus grand mal que la guerre ’. p Et eu effet cette mesure n’était pas seulement pour le pays une cause de ruine : ses conséquences politiques menaçaient de devenir aussi désastreuses que ses conséquences économiques. Dans les Etats commerçants et maritimes du Nord, la loi, d'abord frauduleusement éludée, fut bientôt ouvertement bravée. En vain Jefferson s’irritait et s’indignait, en vain il parlait d’un ton superbe de briser violemment toutes les résistances : le droit et la force lui faisaient à chaque instant défaut. Ni la législation pénale ni les moyens matériels de répression ne répondaient en Amérique aux besoins d’une politique oppressive et tracassière. Pour soumettre effectivement la popidation maritime des Etats-Unis au régime tyrannique de l’embargo, il aurait fallu dépenser autant d’argent, répandre autant de sang que pour la défendre effectivement contre les agressions de la Grande-Bretague. L’une et l’autre entreprise étaient également
* Works of Jefferson , t. V, p. 2*27.
* Works of Jefferson , t. V, p.