‹ Thomas JeffersonChapitre 162 sur 212 · CONSEQUENCES DE LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

CONSEQUENCES DE LA POLITIQUE

la délie nationale, que Jefferson avait cru diminuer de 35 millions par ses ruineuses épargnes. On dirait, à étudier l’tiistoire de son administration , qu’il avait pris à tâche de mettre à l 'épreuve les maximes favorites de l'école radicale. L’épreuve a prononcé contre ces maximes. Les conséquences matérielles et immédiates de leur mise en pratique ont été dommageables aux États-Unis, Les conséquences morales et plus lointaines de la politique à laquelle elles ont présidé ont été pires encore. Le pouvoir exécutif ne s’est jamais relevé aux États- Unis de rabaissement volontaire dans lequel il est tombé pendant la présidence de Jefferson; il n’a jamais retrouvé la part de dignité et d’indépendance que Jefferson lui a fait perdre, et il serait incapable d’exercer aujourd’hui sur la souveraineté populaire le salutaire contrôle que les auteurs de la constitution ont entendu établir, et que Washington a su pratiquer. La démocratie américaine est maintenant en possession du pouvoir absolu; elle n’a plus de gouvernants, elle n’a que des agents : aussi les choisit-elle, non en raison de leur valeur propre, mais en raison de leur exactitude à suivre les fluctuations de sa volonté. Jetîerson l’a dit, et en ceci je me garderai de le contredire : « Il y a une aristocratie naturelle, fondée sur le talent et la vertu, qui semble destinée au gouvernement des sociétés, et de toutes les formes politiques la meilleure est celle qui pourvoit le plus efficacement à la puretédu triage de ces aristocrates naturels et à leur introduction dans le gouvernement » A en juger par l’expérience des Élats-

1 Jefferson à John Adams ; Monticeüo, 2S octobre 1B13 Works of Jefferson, t. VI, p. 223.

DK JEFFKKSON.

Unis, la république démocratique, telle que Jefferson l’a conçue et pratiquée, est l’une des combinaisons les moins propres à assurer ce résultat. L’éloignement dans lequel les classes éclairées et indépendantes sont tenues en Amérique des affaires publiques est peut-être, parmi les faits contemporains, le plus inquiétant pour l’avenir de ce grand pays. Il a commencé à se produire sons la présidence de Jefferson, et il devait être en effet une conséquence presque inévitable de ses principe* et de sa politique.

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