‹ Thomas JeffersonChapitre 164 sur 212 · JEFFERSON DANS LA RETRAITE · texte numérisé non relu

JEFFERSON DANS LA RETRAITE

à goûter la douceur et à remplir les délicates obligations. La convenance parfaite qui marque sa sortie des affaires continue à caractériser les longues années de sa verte vieillesse. De toutes les épreuves auxquelles Jefferson a été mis, la retraite est peut-être celle dont il s’est tiré le plus à son honneur. Dans ses rapports avec ses anciens lieutenants, devenus ses successeurs, pas la moindre trace de jalousie, de dénigrement ou d’arrogance, nulle prétention à les guider et nulle hésitation à les servir de ses conseils, nul air d’indifférence dans la réserve et nulle pédanterie dans les avis : de la bienveillance, un confiant intérêt, une fidélité souvent très-utile : dans ses rapports avec ses anciens adversaires, beaucoup de courtoisie, souvent même un certain ton de laisser-aller, sans la moindre complaisance : accessible à tous, même aux indiscrets, mais d’un abord assez grave et au besoin assez froid pour décourager la familiarité : un train large, mais point fastueux, une hospitalité libérale jusqua être ruineuse sans apparence de prodigalité; parfaitement en situation dans son rôle d’ancien chef de l’État devenu philosophe agronome. Une seule année de trop dans sa vie, la dernière, où le dérangement de sa fortune le conduisit à entretenir trop publiquement ses concitoyens de ses affaires privées et à énumérer trop longuement les services qui lui donnaient des droits à la reconnaissance des États-Unis.

Jeffersou s’occupait déjà depuis quarante aus de créer, d’améliorer et d’embellir le vaste domaine où il alla se fixer en quittant la cité fédérale. La beauté du site l’avait déterminé dès 1769 a se construire un petit

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